mardi 25 mars 2014

[Live-report] Les Frero Delavega à l'Accordeur


Peut-être faites-vous partie de ces millions de téléspectateurs qui laissent traîner leurs oreilles non loin de leur poste de télévision branché sur TF1 le samedi soir... Si c'est le cas, vous avez donc déjà forcément entendu leur nom. Ils s'appellent Jérémy Frérot et Flo Delavega, sont originaires du bassin d'Arcachon et se sont rencontrés sur la plage, à l'époque où ils étaient sauveteurs en mer. Je dis à l'époque car, oui, leur duo ne date pas d'hier mais bien d'il y a... six ans. Avant d'intégrer la prestigieuse équipe de Mika dans The Voice, les deux garçons se sont fait un nom dans le petit monde de l'internet en postant régulièrement des covers sur leur chaîne Youtube, accumulant rapidement quelques 200 000 vues. Après avoir reçu plusieurs propositions, c'est chez AZ qu'ils ont finalement signé il y a deux ans. Les Fréro Delavega sont en tournée depuis le début du mois de mars, accompagnés par les chanteurs Pep's et Florent Mothe, dans le but de présenter au grand public les titres qui composeront leur premier album, dont la sortie est prévue pour le mois de juin. Vendredi dernier, Jérémy et Flo étaient de retour au pays, et c'est à l'Accordeur, dans le petit village de Saint Denis de Pile, que j'ai enfin pu assister à un de leurs concerts, après un peu plus de deux ans de soutien.



C'est non sans surprise que j'ai découvert une salle remplie, en majorité par des jeunes filles venues applaudir deux jeunes hommes particulièrement charmants qu'elles avaient pu voir, comme beaucoup, dans The Voice, et dont elles avaient pu apprécier les jolies (très jolies) reprises de Caroline de MC Solaar et de Il y a de Vanessa Paradis, en battle avec le violoncelliste Quentin, battle qu'ils ont remportée et qui a fait un buzz énorme sur Twitter lors de sa diffusion. Nous avons d'abord assisté à deux premières parties, Florent Mothe d'abord, puis Pep's. Je connaissais de ce dernier, bien évidemment, le titre Liberta, sorti il y a six ans déjà, et c'est avec un grand plaisir que j'ai pu découvrir son univers. Je vous encourage à aller jeter un oeil à ses "nouveaux" titres - du moins ceux qui ont suivi Liberta mais que peu de monde semblait connaître, moi y compris - notamment ce "Madiba", hommage à Nelson Mandela composé il y a deux ans déjà.


Au bout d'une heure, les Fréro sont entrés en scène et ont vite installé une ambiance chaleureuse : détendus, souriants, heureux de jouer devant leurs familles, les garçons nous ont donné l'impression d'assister à un concert à la maison... où nous étions 450. Si le duo tourne depuis déjà plusieurs années, leur budget musique reste le point noir : pas les moyens d'engager un groupe, ni même d'investir dans du matériel. Ils ont donc tout misé sur leurs voix, leurs guitares et deux pédales loop, Justine et Julie (sic), qui leur permettent "d'enregistrer des choses avant, pendant et après, ça ne sert à rien après mais on peut le faire aussi", pour citer Flo, qui était plutôt très en forme ;)

Dès le départ, on a senti une volonté forte de se présenter en tant que groupe-dont-l'album-va-bientôt-sortir, tentant de gommer au maximum cette étiquette de beaux gosses du net ou de stars de The Voice. Ils nous ont présenté l'intégralité de leur futur album, savant mélange de titres en français et en anglais, jouant sur une interaction très forte avec leur public, nous faisant participer dès les premiers titres, que personne ne connaissait pourtant. Ce sont des titres malins, très efficaces : des refrains que l'on retient facilement et qui restent longtemps en tête, des mélodies entraînantes, le tout avec la dose d'humour nécessaire. Une belle surprise.

Une invitée spéciale a fait son apparition sur scène en milieu de concert. Il s'agit de Natalia Doco, jeune chanteuse d'origine argentine dont le premier EP sortira le 15 avril. Après un trio sur Comets de Cocoon, une des covers qui avait fait connaître les Fréro sur le net, la jeune femme nous a interprété deux compositions en espagnol, ainsi qu'une reprise de Reckoning song d'Asaf Avidan et de Clandestino de Manu Chao. Un bel intermède qui s'est conclu sur une exclusivité, un titre avec les garçons composé trois semaines auparavant. Un titre "calor calor" plein d'humour, à l'image de l'intégralité des titres que le duo aura joués ce soir-là.



Mais les Fréro Delavega, nous les avons d'abord connus avec des reprises toutes plus surprenantes les unes que les autres, et, pour la plupart, c'est grâce à celles-ci que nous étions présents dans cette salle. Et ça, le duo ne l'a pas oublié. C'est avec un immense bonheur que nous avons repris avec eux Il y a. "Papapa, papapa"... Nous avons également eu droit à leur reprise acoustique de PIMP de 50 cent. Puis, après avoir quitté la scène, le duo est revenu au milieu de la foule et nous a fait asseoir avant de reprendre Caroline dans l'esprit d'un concert sauvage, comme ils en ont fait pendant longtemps. Ce concert s'est achevé sur leur reprise de Pursuit of happiness, de Kid Cudi... Un titre de circonstance puisque si nous étions venus à la recherche du bonheur, c'est sans nul doute que nous sommes repartis avec.

Je vous invite donc vivement à surveiller les actualités du groupe, vous n'avez pas fini d'entendre parler d'eux... Voici par ailleurs les dates de leur tournée qui se termine très bientôt :



mercredi 29 janvier 2014

Nouvelle Star, un spectacle de qualité

Pardonnez-moi pour l'absence de billet sur les deux précédents primes de l'émission, mais j'ai été pas mal occupée et je ne serai donc pas en mesure de rattraper ça. Ce sont donc Claudia et Mehdi qui ont quitté l'aventure ces deux dernières semaines. L'élimination de ce dernier a suscité de vives réactions sur la toile, bon nombre d'internautes estimant qu'il avait signé-là son meilleur prime (pendant lequel il avait fait l'unanimité au sein du jury et du public en obtenant un total de dix bleus) et que Sirine aurait dû partir à sa place. La polémique du changement de règle du deuxième prime a resurgi : une majorité de personnes a une nouvelle fois pensé que la production protégeait la jeune fille. Cette dernière ne semblait donc pas avoir le droit à l'erreur jeudi dernier. C'est -malheureusement- sans grande surprise qu'elle a été éliminée, sanctionnée par deux rouges d'un public visiblement décidé à lui faire payer l'élimination de Mehdi.

(c) D8 / Nouvelle Star

J'ai vécu ce prime d'une façon assez particulière puisque j'étais présente à l'Arche Saint-Germain. Mon tout premier prime de Nouvelle Star, après neuf ans d'amour. Autant vous dire que j'étais envahie par la joie et que, malgré tous les soucis qu'il a pu m'arriver ce soir-là (et dieu sait qu'il y en a eu...), j'ai profité de ce moment au maximum. J'ai donc été très surprise en me connectant sur Twitter le lendemain, tant les critiques me paraissaient virulentes. Cependant, je dois vous avouer que tout ne m'a pas transportée dans un univers parallèle. Certains candidats se sont démarqués plus que d'autres. Retour sur une soirée riche en émotions.

C'est sur MGMT que les six finalistes ont fait leur entrée. Cette collégiale annonçait la couleur de la soirée : un niveau toujours plus haut et une programmation de plus en plus pointue. Quel bonheur de voir ces six talentueux candidats s'affirmer de semaine en semaine et parvenir à nous livrer une performance aussi intéressante. J'ai d'ailleurs pu constater l'aisance avec laquelle ils flirtent désormais avec les caméras et le public, comme s'ils l'avaient toujours fait. Au-delà du travail vocal, il ne faut pas sous-estimer l'importance de l'apprentissage du monde de la télévision. Tous sont admirables de ce point de vue là.


Celle qui ouvrait le bal, c'était Yseult, comme lors du tout premier prime de cette saison, lors duquel elle avait placé la barre très haut avec une reprise bluffante et très théâtrale de Papaoutai. Ce soir-là, elle interprétait Creep, titre loin de son univers et qu'elle ne connaissait pas une semaine auparavant. Alors évidemment, ça a joué sur sa prestation. Si la jeune femme a livré une performance d'une justesse impeccable, toujours aussi à l'aise sur scène, faisant le show comme personne, si bien qu'on aurait pu la prendre pour une guest, il est néanmoins difficile de ne pas admettre qu'elle semblait ne pas vraiment comprendre le sens de la chanson, plaçant des "yeah" à plusieurs reprises, ce qui a eu le don d'agacer les puristes de Radiohead. Elle a cependant une nouvelle fois obtenu quatre bleus du jury, parvenant même à les faire se lever pour l'applaudir. Même Sinclair. Surtout Sinclair. Si bien qu'il en a oublié de voter. Ajoutons à cela un cinquième bleu de la part du public, et voilà une ouverture de prime plutôt réussie.

Venait ensuite le tour de Dana, qui pour son premier solo, avait choisi d'interpréter You know I'm no good, le titre phare d'Amy Winehouse, sur lequel beaucoup se sont cassé la figure. Ca n'a pas loupé pour Dana. Ce titre est quasiment impossible à chanter et, bien qu'elle soit parvenue à se détacher de la version originale, elle nous a livré une version quelque peu ennuyante. Mais seul Sinclair a été de cet avis, puisque les trois autres jurés ont décidé de mettre un bleu à Dana, tout comme les téléspectateurs.


La première voix masculine de la soirée était celle d'Alvaro, qui défendait sa place sur Protège-moi de Placebo. Le jeune homme n'a malheureusement pas convaincu Sinclair et Maurane qui, à l'instar du public, ont voté rouge. Sur le plateau, Alvaro a emporté le public, se donnant à fond sur scène. Malheureusement, en regardant le prime à la télé, j'ai remarqué que sa présence scénique passait à l'écran d'une façon très étrange. On le voit, gesticulant à droite à gauche, comme un peu perdu, alors qu'Alvaro est tout l'inverse de ce qu'on peut voir. Une belle découverte live, donc.

Encore du français pour le quatrième passage de la soirée, celui de Sirine, attendue au tournant par un certain nombre de téléspectateurs. Malgré quelques faussetés évidentes, la demoiselle a livré une jolie prestation qui a plu à Maurane et Olivier Bas. Bien loin de ses premiers pas sur la scène de l'Arche, où elle avait scotché tout le monde avec ses reprises de Comme un boomerang, Royals ou encore Can't hold us, Sirine semblait fragile et s'est laissée terrasser par l'appréhension de la soirée. Le public, bien décidé à la faire partir, a voté rouge, ce qui n'a pas aidé la jeune fille à reprendre confiance pour le reste de l'émission...


Ensuite, c'est Mathieu qui est entré en scène. Le désormais célèbre "farfadet", chouchou des téléspectateurs, a proposé une version de What a feeling, extrait de la BO de Flashdance, inspirée de celle de Yael Naïm. C'est avec grand regret que j'avoue ici m'être profondément ennuyée l'espace de trois minutes. C'est donc sans trop de surprise que j'ai découvert le verdict mitigé du jury. Baptisé au rouge par Sinclair et Maurane, Mathieu est resté trop prudent, surtout pour un sixième prime... Mais le public s'est accordé au bleu de ses yeux, comme pour dire au jeune homme : "Mathieu, WE WANT YOU en finale" comme il était écrit sur une pancarte fièrement arborée sur le plateau par une fan.


Pour boucler ce premier tour, c'est Pauline, la benjamine du groupe, qui est entrée en scène. Une mise en scène soignée, des spots partout sur le plateau pour une interprétation sublime de Because the night de Patti Smith. Elle parvient à réunir le jury qui semblait en profond désaccord depuis la prestation de Dana. Quatre bleus, et un cinquième du public, pour une jeune fille de plus en plus assurée et dont la progression est fulgurante. Mais où est donc passée la chanteuse de salle de bain du théâtre ? Disparue, gommée, envolée. Popi se révèle et nous, on lui tire notre chapeau.

Retour d'Yseult pour son solo en français. La "patronne", comme la surnomme Manoukian, interprète un titre de Benjamin Biolay, Ton héritage. L'Arche Saint Germain se tait. La voix d'Yseult, puissante et maîtrisée, chargée en émotions, transperce les murs du chapiteau et nos petits coeurs. Les bouches sont ouvertes mais aucun son ne sort. La lumière se rallume, ou peut-être ne s'est-elle jamais éteinte, personne n'en sait trop rien, et les mains applaudissent. De façon mécanique. On ne comprend plus où l'on se trouve. C'est la présence de Cyril Hanouna qui nous ramène à la raison. Une telle performance en prime sur D8 ? Je me suis crue à un concert d'Yseult, ces trois minutes, à la fois si courtes et si longues, resteront gravées longtemps dans ma mémoire. Dans celle des jurés aussi visiblement. Une nouvelle fois, Yseult aligne quatre lumières bleues. On lève la tête. Le public est d'accord. Définitivement, cette fille est une reine.


C'est donc la tête encore dans les étoiles que je m'apprête à écouter le solo en français de Dana. Si j'étais un homme. La première moitié de la chanson, impossible pour moi de me détacher de ce que je viens d'entendre. Je tente de rentrer dans la chanson sans y parvenir. Dana chante bien. Dana chante juste. Mais je n'arrive pas à être touchée. Sans doute sa voix me paraît-elle trop commune. Ou peut-être est-ce parce que j'ai l'impression qu'elle ne vit pas ce qu'elle chante... Et si, cette fois-ci, elle parvient à convaincre Sinclair, c'est Olivier Bas qui vote rouge. Le public lui, vote bleu. Et c'est compréhensible, et mérité. Après tout, les goûts et les couleurs...

Pour son deuxième titre, Alvaro voit grand. Deux légendes en trois minutes. Il s'attaque à Under Pressure, de Bowie et Queen. Et il parvient à les dompter, avec une aisance incroyable. Alvaro s'amuse avec son public. Il improvise une petite chorégraphie des mains : claque des mains, claque des doigts, claque des mains, claque des doigts. Et le public suit. Là encore, la sensation d'être à un concert domine. Le temps est suspendu, et le retour à la réalité est difficile. Pour la première fois, le jeune homme parvient à faire l'unanimité. Cinq bleus. J'aurais juste envie de dire : enfin...


Sirine, elle, a encore eu droit à un titre électro alias "le-tube-du-moment-celui-qui-fait-trop-le-buzz" : Photomaton de Jabberwocky. Sur le plateau, emportés par l'ambiance, nous ne réalisons pas vraiment ce qu'il est en train de se passer. Mais en regardant Sirine à la fin de sa prestation, on comprend. Elle a perdu pied, et elle a compris. Ce soir, c'est la fin. Les lumières du jury s'allument. Quatre tristes boutons rouges. Sirine n'est pas parvenue à lutter... Le jury, très justement, lui parle de ses problèmes de justesse qui, à ce stade de la compétition, ne sont plus pardonnables. Le public, toujours aussi remonté contre la jeune fille, lui accorde également un rouge. Sans doute un verdict un peu trop dur... Mais il est vrai qu'on ne peut plus faire d'impasse à deux primes des quarts de finale.

Mathieu, bien décidé à réconcilier le jury, entre en scène pour interpréter Toute la pluie tombe sur moi de Sacha Distel. Avec ses gros yeux, ses mimiques, Mathieu agace autant qu'il plaît. Pourtant, dès qu'il ouvre la bouche, tout le monde semble s'accorder : le bonhomme a un sacré talent. Malheureusement, il ne l'a sans doute pas assez exploité ce soir. Bien qu'on ne puisse trouver de défaut particulier à cette prestation, impossible de ne pas faire la comparaison avec le deuxième prime, où Mathieu avait interprété La mer. Le jeune homme semble s'être quelque peu reposé sur ses lauriers et a assuré ses arrières avec deux prestations agréables mais sans grand intérêt. J'entends par là : Mathieu sait tout faire. Alors par pitié, plus jamais deux fois la même chose.

Pour clore la soirée, Pauline a choisi Bang bang. En français. Tristesse. Mais quel joli moment. Pauline a travaillé. Beaucoup. Et ce qu'elle a présenté ce soir, j'en suis certaine, ce n'est qu'un quart de ce qu'elle a encore sous la semelle. Si je n'ai pu m'empêcher de faire la comparaison avec la saisissante version d'Ycare en 2008, j'ai vite décidé d'arrêter les parallèles. Pauline est Pauline et elle est surtout impressionnante. Nul doute qu'elle est bien partie pour connaître le succès...

(c) D8 / Nouvelle Star

Après l'élimination de Sirine, ils ne sont donc plus que cinq à pouvoir encore prétendre au titre de Nouvelle Star 2014. Si vous vous souvenez de mon premier article concernant l'émission, je vous donnais mes favoris avant le théâtre. Je pariais à l'époque sur trois noms : Pauline, Yseult et Mathieu. Oh... je ne m'étais donc visiblement pas trompée sur la marchandise. Demain, nous connaîtrons l'affiche des quarts de finale. Ces trois-là devraient logiquement en être. La quatrième place devrait donc se jouer entre Alvaro et Dana. Tous deux ont connu le rouge du public à plusieurs reprises, et il est donc délicat d'émettre un pronostic fiable. Si l'on s'en tient aux commentaires des téléspectateurs, c'est Dana, qui agace depuis ses débuts tant elle semble protégée par le jury et plus particulièrement par Maurane (cf sa qualification au théâtre malgré une extinction de voix), mais si on se fie à la taille de leurs communautés, Alvaro, avec ses quelques 3000 followers, semble nettement plus en danger que Dana qui en rassemble plus de 5000. Quoiqu'il advienne, la demi-finale semble déjà parfaitement dessinée. Et si beaucoup parient sur une finale Mathieu-Yseult avec victoire de Mathieu (je fais partie de ceux-là), méfiance ! Souvenez-vous de cette demi-finale de l'année 2009 qui opposait Camélia-Jordana, Soan et Leïla. Personne n'aurait parié sur la présence de cette dernière en finale, puisque Camélia était déjà annoncée gagnante depuis de nombreuses semaines. Mais l'improbable s'est produit. Alors, je m'adresse ici aux fans, et à ceux qui pensent que voter ne sert à rien puisque tout est truqué. Non, je ne bosse pas pour D8, ce que je vais dire ici ne me rapportera rien mais il s'agit malheureusement d'une vérité générale. Pour voir vos prédictions s'accomplir, il faut voter... Le favori n'est jamais plus en sécurité que l'outsider. Et puis... que le meilleur gagne. Une chose est sûre, ces cinq-là ont déjà gagné énormément...

  

samedi 4 janvier 2014

La Nouvelle Star remonte la pente

Pardonnez-moi pour l'absence du billet que j'avais promis d'écrire sur le second prime, j'ai eu un léger contre-temps qui m'en a empêchée et c'est donc ici qu'en quelques lignes je vais vous résumer ce qu'il s'est passé il y a deux semaines sur le plateau de la Nouvelle Star, avant la trêve de Noël.


Après un premier prime qui en a déçu plus d'un, nous étions nombreux à espérer qu'il ne s'agisse que d'une passade et que le suivant ne pourrait qu'être au-dessus. Cependant, c'est bien l'inverse qui s'est produit. Pas de grande catastrophe, mais un niveau nettement inférieur à celui des saisons précédentes, mais également à celui qui nous avait été présenté lors des phases de sélection. Certains apprentis chanteurs ont sans doute eu les yeux plus gros que le ventre : Mehdi, enfermé dans son personnage de séducteur chouchou de la gente féminine, s'est vu proposer par la production un arrangement piano-voix sur les Parapluies de Cherbourg. Un défi bien trop ambitieux et à moitié relevé puisque le jury lui a accordé deux bleus et deux rouges. Autre pari bien trop risqué pour un second prime et qui a également divisé le jury : Pauline interprétant Initials BB de Gainsbourg. Un titre peu repris et pour cause, dans sa version originale, Gainsbourg parle plus qu'il ne chante. La jeune fille a donc dû se risquer à inventer une mélodie et n'a séduit qu'André Manoukian et Olivier Bas.
Ce soir-là, Léopoldine s'est assagie en revisitant le mythique slow du premier volet de La Boum, Reality, tandis qu'Alvaro a été chercher le public sur une reprise de la Mano Negra, dans sa langue maternelle, l'espagnol. Enfin, quatre candidats se détachent du reste du groupe semaine après semaine : Yseult, Mathieu, Dana et Sirine ont tous fait l'unanimité au sein du jury.


L'apparition d'une nouvelle règle est venue bouleverser cette soirée qui partait déjà mal. En fin d'émission, Cyril Hanouna a annoncé "une surprise dont le jury lui-même n'est pas au courant". Au moment du verdict, alors qu'ils n'étaient plus que quatre candidats (Hugo, Alvaro, Kim et Sirine) pour deux tickets pour le prime suivant, l'animateur a demandé au jury de choisir lequel d'entre eux il voulait retrouver le 2 janvier. Sans surprise, les quatre professionnels ont décidé de sauver Sirine, seule candidate étant repartie auréolée de quatre bleus. C'est ensuite Alvaro qui a été repêché grâce aux votes du public. Sur Twitter, l'apparition soudaine de cette règle a fait couler beaucoup d'encre. Certains ont même crié à un complot de la production visant à protéger Sirine... Evidemment il n'en est rien, le règlement étant déposé chez un huissier de justice quelques mois avant le début de l'émission et ne pouvant être modifié. Mais les équipes de D8 ont fait ici une erreur qui aurait pu leur coûter cher au niveau des audiences...

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Jeudi avait donc lieu le troisième prime de la Nouvelle Star. Ils n'étaient déjà plus que neuf candidats, six filles et trois garçons, et cette soirée marquait le retour à la normale du système d'élimination. Plus de joker pour le jury et un seul candidat sortant. Les trios faisaient leur grand retour mais c'est une nouveauté bien plus importante qui a retenu notre attention : la couleur du public. Pendant chaque prestation, sur Twitter, les téléspectateurs avaient la possibilité de donner leur avis avec les hashtags #NSbleu et #NSrouge. Après avoir découvert les quatre couleurs du jury, le candidat découvrait celle du public. Mais un bleu du public ne mettait pas celui qui l'obtenait dans une situation plus confortable que celui qui aurait obtenu un rouge, en ce qui concerne les votes. Retour sur une soirée bien plus agréable que les deux précédentes...


Première ouverture de bal pour Léopoldine qui désirait "rendre hommage à Michael Jackson" et c'est en interprétant Beat It, le titre qui lui avait valu quatre oui lors de son audition, que la jeune femme a réalisé ce souhait. On l'a sentie légèrement paniquée et, malgré une belle énergie, sa voix tremblante a quelque peu gâché sa prestation, que Sinclair a sanctionné d'un rouge et d'un tacle sévère : "c'est un hommage dont je me serais bien passé" a-t-il avoué. Le public a suivi son avis en lui attribuant également un rouge.



Après cette première prestation en demi-teinte, jurés et téléspectateurs semblaient attendre énormément de la première prestation en français de Claudia. La benjamine de la saison interprétait le bouleversant Comme toi de Goldman. Maintes fois repris et maintes fois raté, Claudia n'a sans doute pas adapté la bonne méthode pour réussir à s'approprier ce titre. Elle aurait cherché à se concentrer essentiellement sur les paroles, très fortes, et cela s'est ressenti puisque la jeune fille a perdu le fil de la chanson et était tellement investie qu'elle a plus crié que chanté... "Très peu de musicalité" selon Sinclair, qui n'a décidément rien perdu de son exigence, et du rouge pour tout le monde. Même le public. Une prestation ratée mais un verdict bien trop sévère...


Deux prestations et déjà deux rouges de la part des téléspectateurs. La prestation de Mathieu, le "farfadet" semble attendue comme le Messie. C'est sur le fantastique What's up de 4 Non Blondes que le jeune homme défendait sa place. Et pas n'importe quelle version ! Celle de Jil is lucky les amis ! Et à en croire les réactions sur les réseaux sociaux, cette place n'a nullement besoin d'être défendue. C'est d'ailleurs ce qu'a parfaitement retranscrit Maurane en disant à Mathieu "tu n'as même pas sorti une note que les gens sont déjà conscients de ton bonheur et le ressentent". Voilà ce qu'est Mathieu, un chanteur qui fait du bien. Qu'il chante en français, en anglais, avec son ukulélé comme ce soir ou sans aucun instrument, il y a une chose qu'on ne lui enlèvera pas, c'est cette capacité à mettre tout le monde d'accord. Qu'on apprécie le personnage ou non, impossible de ne pas se laisser emporter. Beaucoup ont tenté, la plupart ont échoué et ceux qui résistent encore ne devraient tarder à succomber... C'est sans surprise que Mathieu a de nouveau récolté quatre bleus on ne peut plus mérités et un cinquième du public, le premier de la soirée.


Deuxième garçon à entrer en piste, Alvaro interprétait Maybe I'm amazed de Paul Mc Cartney, réussissant enfin à décrocher un bleu de Sinclair mais ne parvenant toujours pas à faire l'unanimité. Malgré quelques faussetés, il a signé ici sa plus belle prestation depuis le début des primes. Olivier Bas, qui est le seul à avoir été déçu, a eu l'impression que le jeune homme lui parlait de "la forêt amazonienne" plutôt que d'amour. Ses compères, loin d'être d'accord, ont souligné un certain lâché-prise et une véritable progression. Sinclair, conquis, a même fait un parallèle avec Prince. Le public a cependant voté rouge.


Yseult devait elle faire face à un défi de taille. Faire sienne Ne me quitte pas, cette chanson mythique de Jacques Brel. Risqué, surtout quand on connaît la difficulté de la jeune fille à canaliser son énergie. Mais quelle claque ne nous a-t-elle pas mise ! Incroyable. Yseult pourrait donc tout faire ? Combien de vies a-t-elle vécues pour nous livrer autant d'émotions ? Couverte de compliments par le jury, inutile de préciser que c'est avec quatre bleus qu'elle est repartie, celui du public en prime. Yseult, cette magicienne, capable de suspendre le temps à peine ouvre-t-elle la bouche... Ce genre d'artiste qui pourrait nous faire frissonner en chantant du Chantal Goya. Voilà pourquoi la Nouvelle Star existe. Pour mettre en lumière ce genre d'artiste. Et peu importe si elle est éliminée la semaine prochaine, Yseult le sait, elle a déjà tout gagné à venir ici...


Mehdi, après sa prestation très moyenne de la semaine passée, se devait de remonter la barre s'il ne voulait pas être épinglé par le jury. "Une revanche à prendre" selon les termes de Cyril Hanouna. Avec Too Close d'Alex Clare, le "french lover" comme il se plaît à se décrire, est enfin (presque) revenu au niveau des castings. On regrettera évidemment les reniflements peu discrets en plein milieu de la chanson mais quel plaisir de retrouver cette voix. Mehdi est reparti au combat et semble déterminer à travailler d'arrache-pied pour retrouver le niveau auquel il nous avait habitués. A ce rythme, on peut espérer une très belle prestation la semaine prochaine. C'est avec trois bleus et un rouge de Sinclair, ainsi qu'un bleu du public que Mehdi est reparti.


Vient ensuite le tour de Sirine. Vous vous en souvenez peut-être, j'avouais dans mon billet du premier prime être totalement insensible à la voix de la jeune fille. Mais les semaines passent, et j'admire de plus en plus son travail. Quelle progression depuis les castings ! Elle est sans aucun doute la candidate qui a le plus évolué et qui risque de nous surprendre encore sacrément les semaines à venir. Parce que oui, Sirine n'est pas près d'être éliminée. Surtout après la performance fournie jeudi soir. Elle s'était donné pour mission d'interpréter Can't hold us de Macklemore, parties rap incluses. Apprendre à rapper en une semaine, mission impossible ? Pour le commun des mortels, certainement. Mais pas pour Wonder Sirine. Malgré un départ totalement faux et des difficultés à gérer son souffle (qui lui ont valu un rouge de Sinclair, as usual), elle a... soufflé tout le monde (elle était facile celle-là). Les trois autres jurés ont salué la performance, le public également. Rihanna n'a qu'à bien se tenir...


Quant à Pauline, après du Gainsbourg la semaine passée, c'est à nouveau à un très grand interprète qu'elle a dû se frotter. Le Vertige de l'amour de Bashung ne lui a pas porté chance : une fois de plus, elle a divisé le jury, parvenant néanmoins à faire reprendre le chemin du bleu à Sinclair. Olivier Bas et Maurane, mécontents, ont reproché à la jeune fille de n'avoir "qu'une façon de chanter" et de l'appliquer sur toutes les chansons qu'elle interprète, ce qui produit un effet redondant et finit par lasser les jurés. Mais le problème semble plutôt venir de la production qui cherche à faire de Pauline ce qu'elle n'est pas. Où est passée la "fille d'un autre temps" qui nous avait collé des frissons sur Ain't no sunshine au théâtre ? Un timbre si particulier gâché par des choix de chansons trop audacieux, quel dommage... Les téléspectateurs ont néanmoins été séduits par cette reprise puisqu'ils lui ont accordé un bleu. Mais on le sait, Pauline est capable de bien mieux...


Enfin, c'est Dana qui a refermé la marche de ce troisième prime sur une reprise de Somewhere only we know. Annoncée comme la favorite depuis le début des primes, elle a toujours fait l'unanimité au sein du jury et a de nouveau récolté 4 bleus. Le public a rejoint les jurés. Cependant, j'avoue être restée de marbre face à cette interprétation, comme cela a été le cas les deux semaines précédentes. Une voix tremblante, des vibes hors-sujet dans le contexte du morceau et à mon sens aucune émotion. Celle qui m'avait pourtant séduite lors de son audition n'est pas parvenue à me happer une seule fois depuis. Espérons que la tendance s'inversera la semaine prochaine. 

Au terme de ce prime, c'est Léopoldine qui a quitté l'aventure. Comme elle l'a elle-même avoué au micro d'Enora dans l'after de l'émission, la jeune femme ne se sentait plus à sa place et avait compris que la télé n'était pas un univers pour lequel elle était faite. Au fond, on l'aimait bien Léopoldine, avec ses tresses et sa voix loufoque. Et même si son personnage s'était essoufflé et qu'elle avait fini par nous lasser, on la regrettera, pour sûr. Ce n'est pas tout le temps que l'on a affaire à ce genre de spécimen. Belle route, Léopoldine, et puisse le sort t'être favorable dans la mise en place de tes projets futurs. Je vous invite par ailleurs à lire cette interview pour apprendre à mieux cerner le personnage... et le reste.

En bref, j'ai retrouvé pendant ce prime ce qui faisait que j'avais toujours aimé la Nouvelle Star. Des titres fabuleux, des arrangements incroyables, et bon nombre de superlatifs que je pourrais encore employer tant cette émission est riche musicalement parlant. De plus, l'arrivée de la "couleur du public" a permis à la production de marquer des points. L'intégration parfaite de la social TV dans un programme, comme cela n'avait jamais été fait auparavant. Alors que l'on pouvait craindre une avalanche de rouge tant le petit monde de Twitter est cruel, le public a distribué des verdicts totalement justifiés. Un véritable plus qui va sans doute apporter beaucoup au programme dans les semaines à venir.

Prime à visionner ici



samedi 14 décembre 2013

Le premier prime le plus WTF de l'histoire de la Nouvelle Star : décryptage


Jeudi avait lieu le premier prime de la promo Nouvelle Star 2014. Seize candidats, six garçons et dix filles, se produisaient pour la première fois en direct de l'Arche Saint-Germain. La règle était en apparence plutôt simple : les seize chanteurs avaient été répartis en quatre groupes de quatre (jusque là tout va bien) qui se produisaient devant le jury et ne découvraient leurs couleurs (du bleu ou du rouge, rien ne change de ce côté-là) qu'à la fin des quatre prestations. Le candidat ayant obtenu le plus de rouges était éliminé sur le champ. Comme ça, paf, d'un coup. En cas d'égalité parfaite entre plusieurs candidats, le jury disposait de trente secondes pour choisir celui qui ne poursuivrait pas l'aventure. En fin d'émission, c'était au public de voter et de décider de renvoyer chez elle une personne parmi les douze rescapées. Nous étions prévenus, la règle était fixée. Mais j'ai quand même envie de râler. Parce que, fidèle téléspectatrice de Nouvelle Star que je suis, j'ai assisté au premier prime le plus WTF de tous les temps. J'ai donc pris mon courage à deux mains et décrypté pour vous ce premier direct. Attention, il s'agit là d'un avis strictement personnel et en aucun cas mon point de vue n'est meilleur qu'un autre.

Comme d'autres, j'aurais très bien pu me contenter d'analyser les prestations de chaque candidat et pointer du doigt le moindre défaut. Mais je ne le ferai pas, pour la simple et bonne raison que ces derniers sont loin d'être les coupables de ce carnage. Je rejetterais plutôt la faute sur la production. Choisir de sélectionner seize candidats pour les directs, c'est chouette. Parler de "promotion la plus intéressante des dix saisons de la Nouvelle Star", ça l'est encore plus. C'est bien, ça tient en haleine le téléspectateur. Mais alors POURQUOI décider d'en éliminer cinq dès le premier prime ? En regardant l'émission jeudi soir, j'ai eu l'impression de me retrouver devant les battles de The Voice. Même schéma, même étrange sentiment de violence. Répartition des groupes inégale, choix de chansons défavorisant clairement certains candidats ou à l'inverse, des participants mis en avant de façon évidente, voilà à quoi pourrait se résumer ce premier direct.


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Si l'on s'en tient à la règle sans chercher à se préoccuper du reste, le verdict est juste. Les jurés ont fait le boulot qui leur était demandé, le public a éliminé une candidate qui avait obtenu du rouge : à priori, ce sont bien les onze meilleurs candidats qui ont été sauvés. Mais à y regarder de plus près, il est évident que quelque chose ne tournait pas rond sur le plateau jeudi soir. C'est Yseult qui a ouvert le bal avec une version explosive de Papaoutai. Sur la toile, son passage a fait grand bruit : on adore, on déteste, mais impossible de rester indifférent. Après une telle entrée en matière, difficile pour les autres candidats du premier groupe de s'imposer. Mehdi et Pauline se sont laissés dominer par l'orchestre. Marc, lui, était donné perdant avant même le début de sa prestation. Le titre qui lui était imposé, J'en rêve encore, ne laissait rien présager de bon. Impossible de rivaliser face à Paint in black ou Need you tonight. C'est sans surprise que le jeune homme de 21 ans, dont c'était ce soir-là "la première scène", a quitté l'aventure sur trois rouges du jury et une cinglante remarque de Sinclair quant à son "manque de charisme".

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Le deuxième groupe, composé de Claudia, Alvaro, Léopoldine et Laura n'a semble-t-il pas convaincu le jury. Seule Claudia, qui fêtait ses 17 ans en interprétant I Know de Irma, est repartie auréolée de quatre bleus. Tout l'inverse pour Laura dont la version d'Epaule Tatoo de Daho a laissé le jury de marbre. A l'instar de Marc, tous les éléments semblaient être contre la jeune fille ce soir-là. Mais elle n'a pas été la seule à recevoir des critiques négatives de la part du jury. "Trop lisse", "envahi par la peur", telles sont les remarques qu'a reçu Alvaro au sujet de sa prestation sur Perfect day de Lou Reed. Verdict : deux rouges et deux bleus pour celui qu'on surnomme désormais "Frère Alvaro". Mais quand je vous parle de WTF, le vrai de vrai, c'est le cas Léopoldine. Cette dernière avait pour mission de réinventer totalement Dieu m'a donné la foi d'Ophélie Winter et malgré un début prometteur, elle a, à mon sens, foncé droit dans le mur en enchaînant fausses notes et mimiques on ne peut plus pénibles à regarder. Sinclair grimaçait, Manoukian semblait en redemander. Le jury l'a pourtant qualifiée en ne lui attribuant qu'un seul rouge et c'est donc Laura qui s'est vue éliminée. "Partir sur quatre rouges, c'est violent, je ne pensais pas avoir été si nulle", n'a-t-elle eu de cesse de répéter par la suite.

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C'est Mathieu qui a ouvert la marche du troisième groupe dont les trois autres membres étaient Julie, Ezra et Sirine. Avec son interprétation de Revolution des Beatles, le farfadet, comme l'avait surnommé Manoukian lors de son audition parisienne, a livré "une des plus jolies prestations de la soirée" selon le jury. Je partage l'avis des jurés : Mathieu est de ces chanteurs qui font du bien. Une juste dose d'humour, un éternel sourire et de grands yeux bleus qui brillent, le tout accompagné d'une voix incroyablement maîtrisée. Le genre de personne qui donne l'impression que chanter si joliment, c'est super facile et qu'il suffit d'ouvrir la bouche pour y parvenir. Alors évidemment, passer après une telle performance s'est avéré quelque peu délicat pour les autres. Julie interprétait Love Song de Vanessa Paradis, et non seulement la chanson ne lui collait absolument pas à la peau mais en plus de cela, la demoiselle s'est vue attribuer une chorégraphie à la limite du ridicule qui lui a valu un maladroit "s'amuser à jouer le sex-appeal, s'amuser à jouer la musique sexy, c'est très risqué" de la part de Sinclair. Mais le candidat que j'attendais le plus jeudi soir, c'était Ezra, le "garçon de la montagne" qui chantait Wake me up d'Aloe Blacc. Une "prestation ratée". Voilà ce qu'on a pu lire sur Twitter après son passage. Alors certes, il a semble-t-il raté son entrée et a chanté le premier couplet en décalé avec l'orchestre. De plus, comme l'a mentionné Olivier Bas, son regard semblait perdu pendant la moitié de la prestation. Mais après avoir réécouté son passage plusieurs fois en tentant de déceler d'énormes faux pas qui auraient pu me faire dire la même chose que les autres, je ne comprends toujours pas. A partir du moment où Ezra s'est lâché, j'ai trouvé cette prestation tout à fait honnête et convaincante et non, ce n'était pas si catastrophique que ça. Enfin, c'est Sirine qui a fermé ce troisième groupe sur une interprétation de Comme un boomerang de Gainsbourg. Une prestation qui a ravi le jury et le public. Et bien qu'elle ne m'ait pas transportée, il m'est impossible de nier que la jeune fille de 19 ans a une voix incroyable. Sans grande surprise, c'est donc Ezra qui a quitté l'aventure sur un verdict mitigé : deux rouges et deux bleus qui, contrairement à ceux d'Alvaro, ne lui auront pas permis de revenir la semaine suivante.

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Le dernier groupe, composé d'Hugo, Kim, Chehinaze et Dana, m'a laissée plutôt indifférente quant au niveau de leurs prestations. Mais là où je me suis beaucoup interrogée, c'est en ce qui concerne les choix des chansons. La sécurité a été offerte à Kim : son interprétation de Sympathique de Pink Martini était jolie. D'une banalité sans nom, mais jolie. Dana, elle, a confirmé son statut de petite protégée de la production. Encensée par Maurane pour son interprétation de People help the people qui se devait être "très différente de celle de Birdy" et qui était en réalité la même en tous points, la jeune femme a livré une jolie performance vocale. Mais impossible de ne pas constater qu'elle a été la seule à bénéficier d'un titre qui la servait aussi bien. Une balade à voix, ce que préfère la ménagère. La production a bien réussi son coup. Hugo, lui, a joué au show-man sur Treasure de Bruno Mars. Une jolie réussite qui ne m'a pourtant pas captivée. Quant à Chehinaze, son titre imposé était On ira, de Zaz. Oh quelle surprise ! Pourquoi chercher à jouer sur les similitudes qu'ont les voix de la chanteuse et de la candidate alors que cette dernière aurait pu se servir de ce prime pour se détacher de cette étiquette de "Zaz avec l'accent" ? Malgré une pluie de bleus pour les quatre concurrents, c'est elle qui a quitté l'aventure après concertation du jury. En fin d'émission, c'est le public qui a tranché et qui a décidé d'éliminer Julie.

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Je me suis sentie mal devant ce prime car j'y ai retrouvé tout ce que je ne supporte pas dans les télé-crochets actuels. Ce concept du "candidat kleenex", celui à qui on lance des fleurs des semaines durant et qu'on jette dès que l'occasion se présente m'attriste profondément. Ce que j'appréciais dans la Nouvelle Star, c'était cette façon que l'on avait de juger les candidats sur un parcours entier et non sur l'instant. Nombre de candidats ont livré des prestations peu convaincantes et ont pourtant pu accéder aux plus hautes marches de l'émission car plutôt que de se concentrer sur UNE erreur qu'il avait pu commettre, on regardait son parcours sur la longueur. Et surtout, la Nouvelle Star est réputée pour mettre en avant l'univers d'un artiste plutôt que sa performance vocale. Avant le début du théâtre, Sinclair disait que le jury avait casté "beaucoup de gens qui savaient déjà dans quoi ils étaient bons". Alors à quoi bon attribuer à ces jeunes artistes qui connaissent déjà leur univers des titres avec lesquels on sait qu'ils ne seront pas à la hauteur ? De plus, la rapidité des éliminations a fortement déconcerté les candidats, cela s'est nettement ressenti. Je me demande encore pourquoi avoir choisi d'envoyer seize personnes sur les directs si c'est pour en éliminer autant si promptement.

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Vous l'aurez compris, s'il y a bien une élimination qui m'a réellement attristée, c'est celle d'Ezra, car je sais pertinemment qu'il était loin d'avoir démontré tout son potentiel et que nous aurions pu découvrir de très jolies choses de sa part les semaines suivantes. Mais retenez bien son nom car le petit n'a pas fini de faire parler de lui.

Je suis terriblement déçue par ce premier prime et c'est sans doute avec une pointe d'amertume que je regarderai le prochain... Mais après tout, mon avis n'est peut-être pas partagé. Qu'avez-vous pensé de ce premier direct ? Quelles éliminations vous ont déçu ? Quelles prestations retiendrez-vous ?
Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un billet sur le deuxième prime. D'ici là, je continuerai de vous poster mes comptes-rendus du Festival de Sarlat.
A bientôt !

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