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mardi 1 avril 2014

Ce jour où Guillaume Gallienne m'a bouleversée


Voilà quelques mois déjà que j'ai eu la chance d'assister à une des premières projections publiques du film de Guillaume Gallienne qui a tant fait parler de lui ces dernières semaines, ce film qui a raflé cinq César parmi les plus prestigieux - meilleur film, meilleur premier film, meilleur acteur, meilleure adaptation, meilleur montage -, j'ai nommé "Les garçons et Guillaume, à table !". Cette avant-première avait lieu lors du Festival de Sarlat, auquel j'ai participé en novembre dernier, et au terme duquel le film a reçu le prix des lycéens. J'ai longtemps hésité avant de poster mon avis sur cette première réalisation, tant Guillaume Gallienne m'a bouleversée, ne trouvant rien à redire au point de lui attribuer une note de 5/5 lors du festival. Mais aujourd'hui, j'estime que le moment est venu. Voici donc, en quelques paragraphes, comment Gallienne est parvenue à atteindre quasiment la perfection en un long-métrage.


Guillaume Gallienne tombe le masque. Une jolie métaphore illustrée par le premier plan du film qui donne directement le ton. La comédie pour panser ses plaies, telle est la solution trouvée par Guillaume Gallienne. Mieux qu'une quelconque séance de psychanalyse, et pourtant Dieu sait qu'il en a testé des médecins, Guillaume. Pour comprendre, pour accepter. Pourquoi cette différence ? Pourquoi tant de jugements à son égard ? Et puis en grandissant, il a compris. Il s'est longtemps cherché, guidé par le spectre de sa mère adorée planant sans cesse au-dessus de lui. Elle voulait une fille, n'en avait jamais eu, Guillaume lui servirait donc de fille de substitution. Il a gravi les années sans se poser de questions sur sa sexualité. Il était Guillaume, la fille de maman, et il aimait les garçons, comme la plupart des filles. Il a rencontré Jérémy, en est tombé amoureux. Du moins c'est ce que le Guillaume façonné par sa mère croyait. Et puis un jour, après de nombreuses tentatives infructueuses, il a croisé le regard d'Amandine. La révélation. Guillaume était homme et parfaitement hétérosexuel de surcroît. Au travers d'une pièce de théâtre d'abord, puis de cette adaptation cinématographique, il nous raconte cette histoire unique en son genre. Pas pour régler ses comptes. Aucun esprit de vengeance. Guillaume a aimé sa mère et l'aimera toujours. Tout comme ses frères, son père et tous les personnages qu'il dépeint avec malice dans ce premier long-métrage. Au contraire, c'est ici une vibrante déclaration d'amour que ce comédien au talent démesuré leur fait. A eux mais aussi à toutes les femmes et tous les hommes.

Guillaume Gallienne interviewé par Philippe Lefait à Sarlat
Émouvante expérience. Tel est mon ressenti après deux visionnages des Garçons et Guillaume, à table. Sur le fond et sur la forme. Guillaume Gallienne, comédien du Français dont la réputation théâtrale n'est plus à faire, ajoute ici une corde à son arc en écrivant et réalisant ce film, en plus d'interpréter son propre rôle et celui de sa mère. Une mère qu'il connaît si bien et qu'il admire tant qu'il est capable de reproduire la moindre de ses mimiques, la moindre modulation de sa voix. Au-delà de l'incroyable histoire qui sert de toile de fond au film, la réalisation est surprenante, sobre mais délicate, soignée et agréable. Les allers-retours entre la scène du théâtre où Guillaume interprète son spectacle et les décors d'antan rythment parfaitement le film. La bande-son, des plus réussies, est un atout supplémentaire à ce film qui possède déjà une longue liste d'arguments pour nous convaincre.


Mais parlons donc de ce qui nous intéresse le plus : l'enfance, ou plutôt l'adolescence de Guillaume Gallienne et ses difficiles premiers pas dans la vie d'adulte dans laquelle il ne semble pas trouver ses marques. Né dans une famille aristocrate, Guillaume est un enfant choyé par sa maman qui voit en lui la fille qu'elle a toujours rêvé d'avoir. Dès son plus jeune âge, un fossé se creuse entre ses deux frères aînés et lui. Il sera Guillaume et eux les garçons. Son père, lui, n'accepte pas cette différence. Il a trois fils et souhaite que son cadet se mette à niveau égal avec ses frères. Mais Guillaume ne veut pas. Il est une fille parce que maman veut qu'il soit une fille et papa doit le comprendre. "Les garçons et Guillaume, à table !" se révèle être une succession de situations toutes plus cocasses et hilarantes les unes que les autres - un voyage en Espagne où Guillaume apprend à danser la « sévillanne », un séjour dans un internat anglais, une imitation de Sissi, de multiples rencontres avec des psys, des tests d'entrée pour l'armée, un tour dans une boîte gay... - agrémentées de répliques toutes extrêmement drôles - en témoigne cette phrase du médecin de l'armée qui, lorsque Guillaume renverse une mallette pleine de médicaments lui dit « Au moins vous n'êtes pas tout seul ! »


J'ai ri aux éclats tout au long du film la première fois que je l'ai vu. Étrangement, la seconde fois je n'ai dû laisser s'échapper que deux ou trois rires, la gorge nouée parce que je m'attardais sur la seconde facette de cette comédie bien plus sombre qu'il n'y paraît. Ce personnage complexe que s'était construit Guillaume lorsqu'il était enfant, puis adolescent, puis jeune adulte, nous touche sans que l'on puisse réellement s'y retrouver. Sa situation est vraisemblablement unique et bien que toute personne ayant vécu ou vivant encore dans un mal-être des plus profonds puisse parfois s'y identifier, notamment lors des passages chez les psychologues et autres psychanalystes, personne ne peut comprendre le combat entre l'enfant que Guillaume pense être et ce que tout le monde voit de lui. Si ce film est à mon sens une réussite totale, c'est parce qu'il parvient à nous bouleverser sans jamais tomber dans le pathos, à nous émouvoir sans jamais exagérer. Tout est savamment dosé, si bien que même la scène de la piscine, métaphore d'une tentative de suicide qui échoue, passe au premier abord pour une scène plutôt comique.

Nous assistons ici à la naissance d'un homme. Homme dont la vie n'a pas toujours été un long fleuve tranquille, mais qui a su trouver le chemin pour se débarrasser de ses blessures. Le théâtre pour panser ses plaies, voilà qui correspond bien à Guillaume Gallienne...



mardi 10 décembre 2013

Sarlat, jour 1


Ah, Sarlat. Deux ans que j'attends impatiemment d'enfin me rendre à ton fameux Festival du film. Voilà, c'est chose faite. Sarlat tu ne m'auras pas déçue. Tu auras été à la hauteur de toutes - ou presque - mes espérances. Pendant quatre jours j'ai arpenté tes rues, développé une certaine routine, traversé la cour de l'espace culturel pour me rendre au Rex puis faire une halte dans un de tes cafés avant de retourner à l'espace culturel. Tu es belle, Sarlat, je ne te connais pas encore assez bien et je reviendrai dans un autre cadre, je te le promets. Mais pardonne-moi, je vais mettre tes belles pierres de côté afin de tenter de raconter mes quatre jours d'aventure au Festival du film. Allons-y.

Après une courte nuit, j'ai pris le TER Aquitaine à destination de Sarlat. J'ai dormi, dormi, tenté d'imaginer ce que j'allais vivre pendant une semaine, puis j'ai encore dormi. Aux alentours de midi, ma classe d'option cinéma-audiovisuel et moi sommes arrivés à l'endroit qui allait devenir notre QG pendant quatre jours : l'espace culturel. Nous avons repris des forces à la cantine (au passage, je veux la même bouffe au lycée. Cordialement) puis nous nous sommes dirigés vers le Rex pour la première séance de la journée. Parmi la longue liste qui nous est proposée, notre choix s'arrête sur Don Jon, L'auberge espagnole, Angélique et Les Poupées russes. Bien qu'ayant commencé à faire la queue plus d'une demie-heure avant l'ouverture du cinéma, nous nous voyons refuser l'accès à la salle dans laquelle est projetée Don Jon : dans ce cinéma doté de trois salles, on n'en trouve qu'une seule qui soit assez grande pour accueillir un public nombreux. Les deux autres sont très (trop?) vite complètes.


On nous conseille vivement The Lunchbox, mais c'est par pur esprit de contradiction que l'on se décide à aller voir Les drôles de poissons-chats. L'histoire de Claudia, 22 ans, qui vit seule dans une grande ville du Mexique et qui une nuit, atterrit aux urgences pour une crise d'appendicite. C'est là qu'elle rencontre Martha, sa voisine de chambre, atteinte du sida. Cette dernière a 46 ans, 4 enfants et une inépuisable joie de vivre malgré sa maladie. Touchée par cette jeune femme solitaire, Martha invite Claudia à habiter chez elle à sa sortie de l'hôpital. Nous avons tous plus ou moins mis un certain temps avant de rentrer dans l'histoire et avons pu noter quelques longueurs, notamment lors des passages illustrant la solitude de Claudia, qui ont pu finir par nous lasser. En sortant de la salle, j'avais la sensation que certains partis pris, tels que la relation homosexuelle entre les deux collègues de Claudia et la relation parfois ambiguë qu'entretient cette dernière avec le petit Armando, n'avaient pas été assez exploités et assumés. Mais avec le recul, je réalise qu'il n'y a rien à assumer : il ne s'agit pas d'actes exceptionnels et en aucun cas d'un film militant. Pas de raison donc de chercher à lire entre les lignes. Il s'agit de prendre cela comme on nous l'offre. Ce drame mexicain de Claudia Sainte-Luce est donc un splendide hymne à la vie, triste mais empli d'espoir. Paradoxalement, c'est à mesure que la maladie de Martha prend de l'ampleur que le bonheur, tout comme Claudia, s'installe progressivement dans cette famille. Nous nous demandons si Claudia parviendra à se sentir réellement à sa place, jusqu'à ce qu'on ne fasse plus la distinction entre elle et les quatre frères et sœurs : elle est devenue une des leurs. Un film poignant qui pousse à la réflexion et dont la fin nous arrache quelques larmes... de joie, tant la morale est belle et réaliste.
Ma note : 7/10

Nous avons ensuite été voir L'auberge espagnole : quel bonheur de voir pour la première fois un de mes films cultes sur grand écran. 15 ans après sa sortie, ce film est encore applaudi. A-t-on réellement besoin de rajouter quoi que ce soit ?


Après une pause pour dîner, nous retournons au cinéma pour attendre l'arrivée de Tomer Sisley, qui vient présenter Angélique, le dernier film d'Ariel Zeitoun. Puis, nous finissons par comprendre le système du festival, et donc que nous ne pourrons pas voir Angélique à 19h30, mais qu'une séance nous sera réservée à 21h45, en présence de l'équipe du film.

Nous nous rabattons donc sur la projection d'Eka et Natia : chronique d'une jeunesse géorgienne. Ce film raconte le quotidien d'Eka et Natia, deux amies inséparables âgées de 14 ans et vivant à Tbilissi, en Géorgie, au lendemain de l'effondrement de l'Union Soviétique. Nous les suivons dans la rue, à l'école, avec les amis ou la famille. Confrontées à la domination des hommes, elles luttent pour leur liberté avec la force et l'énergie de la jeunesse. Natia, l'insoumise, est courtisée par Kote mais refuse de l'épouser. Le mariage a finalement lieu, sous la menace mais également dans l'idée de fuir son père et son extrême violence. Bien que la caméra soit tournée la plupart du temps vers Natia, nous suivons l'évolution d'Eka au travers du personnage de son amie, et nous découvrons lors de la scène finale que l'insoumise n'est finalement pas celle que l'on croit... Ce film de Nana Ekvtimishvili est cru, la violence n'y est pas déguisée, et c'est en ce sens que je vous le conseillerais. Cependant, je n'ai pas été touchée, il me manquait quelque chose, comme si j'avais attendu pendant près de deux heures que le film décolle. Un drame qui ne demande qu'à être abouti, dommage.
Ma note : 5/10


Vient enfin le tour du film d'ouverture du festival, le tant attendu Angélique d'Ariel Zeitoun. Le remake "diablement sexy" comme l'ont qualifié nombre de journalistes, du célèbre Angélique, marquise des Anges de Bernard Borderie, lui-même adapté du roman Angélique d'Anne et Serge Golon, ne présente malheureusement que peu d'intérêt. Premièrement, la grande question réside dans le casting. Non pas que les acteurs soient mauvais, bien au contraire, Zeitoun a choisi ici l'excellence. Gérard Lanvin campe le rôle de Joffrey de Pérac tandis que la prometteuse Nora Arnezeder incarne Angélique, devenant ainsi les successeurs du couple mythique Michèle Mercier/Robert Hossein. A leurs côtés, Tomer Sisley devient le nouveau marquis de Plessis-Bellière. Les uns à côté des autres, ils sont formidables, mais aucun ne semble réellement trouver sa place dans ce film. La différence d'âge bien trop prononcée entre Angélique et le Comte de Pérac est un des problèmes majeurs de cette super-production qui n'a de flamboyant que son coût. Quelle idée d'avoir confié à Ariel Zeitoun, dont le nom est associé à un cinéma d'une piètre qualité, la réalisation de ce qui est le mythe de toute une génération ? Ce qui se voulait être un remake « beaucoup plus rock’n’roll, plus violente, plus politique et plus moderne » est en réalité un fiasco, qui, avant même sa sortie, met en colère bon nombre de fans inconditionnels de la saga de 1964.
Ma note : 2,5/10

Je suis juste tellement désolée pour ce qui est de la qualité des photos... Je n'ai pas utilisé mon réflex ce jour-là, je vous promets des choses un peu plus jolies les prochaines fois !
A bientôt !

mardi 2 avril 2013

Pierre Niney, le déjà grand


Pierre Niney, 24 ans, est tombé dans une chouette marmite quand il était petit. Celle du théâtre. Treize ans après ses premiers cours, il arbore déjà un CV qui en ferait rêver plus d'un. Engagé dans la troupe de la Comédie-Française en 2010, alors qu'il n'a que 21 ans, il en est aujourd'hui le plus jeune pensionnaire, et tient actuellement le rôle d'Hyppolite dans "Phèdre".


Après une dizaine de petits rôles au cinéma (dont un dans la très célèbre comédie pour ados de Liza Azuelos, "LOL"), Frédéric Louf le repère dans la comédie "Nos 18 ans" et lui offre le rôle principal de son premier long-métrage intitulé "J'aime regarder les filles". Aux côtés d'Audrey Bastien et de Lou de Lâage, Pierre crève l'écran. Il apporte, par sa fougue, sa jeunesse, sa fraîcheur et bien évidemment, l'incroyable justesse de son jeu, un souffle nouveau au cinéma français. L'académie des César le reconnaît et, en 2012, on retrouve Niney en lice pour décrocher le titre tant convoité, celui de meilleur espoir masculin.


Rebelote cette année. Après son incroyable performance dans le premier film d'Hugo Gelin, "Comme des frères", dans lequel il campe le rôle de Maxime, aux côtés de Nicolas Duvauchelle et François-Xavier Demaison - rôle grâce auquel il prouvera qu'il est désormais le jeune acteur qui monte -, l'Académie lui offre une deuxième nomination dans cette même catégorie. Qui oserait dire que cette nomination n'était pas méritée ? Tout dans ce film est parfait, du scénario à la bande-son (composée par Revolver, rien que ça) en passant par l'incroyable alchimie qui se forme entre le trio d'acteurs. Et celui qui se détache, bien évidemment, c'est Pierre, pour toutes les raisons citées précédemment.


Aujourd'hui à l'affiche de la comédie romantique de David Moreau, "20 ans d'écart" aux côtés de la radieuse Virginie Efira, Niney nous émerveille une fois de plus. Quelle justesse et quelle sincérité dans son jeu. Quelle maturité à seulement 24 ans et trois grands films à son actif. Et quelle intelligence dans ses choix professionnels ! Niney campera très prochainement le Saint-Laurent de Jalil Lespert, et continue de tracer sa route à la Comédie-Française. De beaux projets pour cette année 2013, tous plus ou moins audacieux (en témoigne l'arrêt de son dernier film prévu, "Cannes") mais qui raviront certainement ses nombreux admirateurs, et ceux qui ne le sont pas encore.


Pierre Niney est désormais mon acteur fétiche. Je crois que je vais finir par en énerver plus d'un, mais je ne jure plus que par lui. N'ayant que 16 ans, il m'est difficile de trouver un acteur dont je connais toute la filmographie et tout le parcours en général. Même ceux que j'admire le plus (parlons de Duris ou encore Canet) ne m'ont jamais fait cet effet-là dans n'importe lequel de leurs films. Niney a sans aucun doute le don de mettre tout le monde d'accord. En effet, personne ne semble le nier, il est l'acteur et comédien le plus talentueux et le plus prometteur de sa génération. Tous les réalisateurs et acteurs avec qui il a tourné s'accordent sur ce point, et le couvrent d'éloges dans leurs interviews (écoutez par exemple Virginie Efira parler de lui chez Ruquier dans la vidéo ci-dessus, à 2'30). Pierre Niney est en pleine ascension. Une ascension qui ne connaît pour l'instant aucun risque d'arrêt, ni même de freinage.

samedi 23 mars 2013

Les Gamins, la bonne surprise


Jeudi dernier, le 21 mars, j'ai assisté à l'avant-première du film Les Gamins, réalisé par Anthony Marciano, qui signe ici son premier long-métrage. Mais derrière ce scénario, Marciano n'est pas seul. Il planche sur ce film depuis trois ans, avec la complicité de Max Boublil. Ces deux amis de longue date n'en sont pas à leur premier projet d'écriture à deux, puisqu'ils ont également co-écrit le one-man-show de Max.

Le synopsis est le suivant : Tout juste fiancé, Thomas (Max Boublil), chanteur de mariages un peu loser qui rêve de faire carrière, rencontre son futur beau-père Gilbert (Alain Chabat), marié depuis trente ans à Suzanne (Sandrine Kiberlain). Gilbert, après avoir été obligé de vendre sa boîte, passe ses journées affalé sur son canapé, traversant une phase de déprime, lassé par les projets de son épouse qui selon lui, ne cherche qu'à se donner bonne conscience. Persuadé d'avoir gâché sa vie à cause de son couple, il dissuade Thomas d'épouser sa fille Lola (Mélanie Bernier), et le pousse à tout plaquer à ses côtés. Très vite, ils se lient d'amitié et se lancent alors dans une nouvelle vie de gamins pleine de péripéties, pensant que la liberté est ailleurs.




En voyant la bande-annonce, je m'attendais à un enchaînement de gags tous plus énormes que les autres qui aurait donné un film sans prise de tête et très efficace. Bref, une comédie tout ce qu'il y a de plus classique, rassemblant tous les ingrédients d'un film à succès, familial, drôle, mais pas extraordinaire. Et c'est bien ce que j'ai ressenti pendant la première moitié du film. Lorsque l'on a vu plusieurs fois la bande-annonce, rien ne nous surprend, sauf une scène, celle de la demande en mariage, qui vient rompre le rythme pris par le spectateur (ce rythme dont je vous parle, c'est un rire par minute, rien que ça) et qui fait monter l'intensité du film dans lequel on peut avoir du mal à rentrer au départ. Cette intensité va grimper crescendo, jusqu'à atteindre son apothéose lors d'une scène complètement improbable (attention je spoile un petit peu... dans cette scène Max se fait éjaculer dessus et le public rit gras, ne faisant plus attention aux dialogues tant il gesticule sur son siège, pris d'un fou-rire incontrôlable).

A quel prix retrouve-t-on ses rêves d'ados ? Doit-on renoncer à ses rêves pour la personne qu'on aime ?

La réponse à ces questions est bien plus complexe qu'elle n'y paraît. Le film tente d'y répondre, cachant derrière toute son apparence loufoque des scènes sérieuses qui permettent au public une certaine réflexion.


Si je qualifie cette comédie de "bonne surprise", c'est parce que malgré quelques gags que l'on peut anticiper (prenons l'exemple de cette réplique entendue dans la bande-annonce : "elle mange tout avec des baguettes, mais c'est deux putains de bouts de bois, on n'est pas en Chine, merde !", efficace, mais facile et prévisible), malgré quelques vannes qui manquent de classe, le premier long-métrage d'Anthony Marciano nous embarque, nous touche, ce grâce au talent d'écritures des deux compères, et bien évidemment, grâce à ce fabuleux casting et ce duo Boublil-Chabat qui fonctionne à merveille. Le film révèle deux jeunes acteurs, Max bien sûr, qui prouve ici qu'il est capable de se détacher complètement de son étiquette d'humoriste pour ados pour nous livrer un jeu digne des plus grands (ma mère qui ne le connaissait pas lui a dit qu'il était du même acabit que Gad Elmaleh, l'humoriste bien sûr, mais également l'acteur, c'est pour dire), et Mélanie Bernier, habituée aux petits rôles, qui offre ici une prestation pleine de fraîcheur nous donnant envie de la voir encore et encore. Quant aux vieux d'la vieille, Chabat et Kiberlain, ils sont une fois de plus fidèles à eux-même, drôles, sincères et touchants. Sandrine Kiberlain prouve que non, elle n'est pas une actrice triste et fade, qu'elle sait parfaitement endosser le rôle d'un personnage de comédie, et qu'elle est drôle, vraiment drôle.


Et bien évidemment, comment ne pas aimer ce film dans lequel Iggy Pop fait une apparition ? Coeur sur toi Iggy.

Coeur sur Anthony, pour son talent, son travail acharné, son humour. Je crois en lui pour l'avenir, on n'a pas fini d'entendre son nom ! Coeur sur Max pour sa simplicité et son talent inné. Une véritable gueule d'acteur, ça ne trompe personne. Coeur sur Alain Chabat, l'idole de tous, pour ce rôle qui lui va à la perfection. Coeur sur Sandrine Kiberlain, que j'ose désigner femme la plus gentille et la plus naturelle du monde. Un véritable coup de coeur autant artistique qu'humain. Et enfin, coeur sur Mélanie, ce petit bout de femme dont on risque d'entendre beaucoup parler cette année. Elle est lancée, on ne l'arrête plus. Ce film m'a rendu mon âme de Bisounours, je n'ai pas réussi à lutter...

Le 17 avril, foncez voir ce film que beaucoup qualifient déjà de comédie française de l'année... L'avenir nous le dira !

vendredi 15 mars 2013

Mon modeste avis sur des films plus ou moins captivants

Comme vous ne le savez peut-être pas, je suis en première. Plus précisément en première littéraire option cinéma-audiovisuel. Tout un programme. Et cette année, dans le cadre de notre option, nous avons eu la chance d'être la seule classe sélectionnée pour participer au prix Jean Renoir, ce qui nous a permis d'aller au cinéma (gratuitement, il faut le dire, et ça c'est plutôt chouette) visionner huit films, plus ou moins connus du grand public, mais tous sortis récemment et nominés dans bon nombre de festivals : "La Vierge, les coptes et moi" de Namir Abdel Messeeh, "Camille redouble" de Noémie Lvovsky, "César doit mourir" de Paolo et Vittorio Taviani, "Rengaine" de Rachid Djaïdani, "Foxfire" de Laurent Cantet, "La Parade" de Srdjan Dragojevic, "Elefante blanco" de Pablo Trapero et "Hiver Nomade" de Manuel von Stürler. Deux élèves de la classe ont été sélectionnées pour partir à Paris élire le film que nous aurons plébiscité.

Malheureusement, j'étais absente lors du visionnage de Camille redouble, que je tenais pourtant à voir absolument (surtout pour voir s'il méritait réellement ses treize nominations aux César, je l'avoue). J'avais volontairement choisi de ne regarder ni bandes-annonces ni critiques afin de pouvoir me faire mon propre avis. Voici donc ce que j'ai retenu et pensé des sept autres films en compétition dans ce concours.



1) "La Vierge, les coptes et moi", du jeune réalisateur franco-égyptien Namir Abdel Messeeh, qui signe ici son premier long-métrage, est un docu-fiction dans lequel nous suivons Namir dans la construction de son film : de la soirée au cours de laquelle il trouvera enfin un sujet qui lui semble intéressant, à la reconstitution d'une apparition de la Vierge dans son village d'origine, en passant par ses difficultés à recueillir des témoignages, ou ses soucis avec son producteur. Lorsque le réalisateur prend l'avion pour l’Égypte, il a pour but de réaliser un documentaire sur la communauté copte et sa fervente adoration de la Vierge Marie, en recueillant des témoignages de gens ayant vécu les apparitions. Le documentaire se retrouve vite détourné en fiction, lorsque Namir réalise qu'il ne pourra jamais récolter tout ce dont il a besoin pour la date fixée par son producteur. Mais il persévère, malgré les avertissements de ce dernier : il se rend dans le village familial, en pleine campagne égyptienne, sans en parler à sa mère qui lui a formellement interdit d'y aller pour filmer ses proches. L'affaire se complique lorsque son producteur lui coupe les vivres. Il demande alors à sa mère - qui confirme sa place de personnage clé du film, de le rejoindre, et de prendre en charge le budget. Ensemble, avec toute leur famille, ils vont se serrer les coudes pour boucler ce film, dans l'amour, le partage et la bonne humeur, et surtout en dépensant le moins possible. L'idée vient au réalisateur comme une illumination: il veut reconstituer une apparition de la Vierge Marie, dans le village. Mais il lui faut des acteurs. Ils sont tout trouvés : les jeunes filles du village passent un « casting » rapidement organisé, et les cousins, les oncles, les tantes, les villageois, joueront les autres personnages. Ce film à budget extrêmement serré, tourné avec les moyens du bord (ou presque) n'a bénéficié d'aucune grande publicité. Mais il s'agit pourtant bel et bien d'un bijou, un diamant brut, un film extraordinaire, encensé par la critique et primé dans de nombreux festivals. Et c'est compréhensible : ce film est captivant. On cherche parfois à comprendre la démarche de Namir, on peut parfois se demander comment sont reliées entre elles chacune des parties, mais sa beauté et sa simplicité nous rattrapent. Le sourire de la grand-mère, les colères de la mère, les instants de bonheur partagés en famille nous mettent des étoiles plein les yeux. Beaucoup trop de gens sont passés à côté de ce film : il mérite d'être vu, mais surtout, il mérite d'être apprécié, aimé, adoré.

Ma note : 16/20



2) N'ayant jamais entendu parler du film "César doit mourir", j'ai tenté de m'imaginer l'histoire uniquement à l'aide du titre. Bizarrement, j'imaginais l'histoire d'un chien. César, c'est un joli nom de chien, et puis qui sait, c'était peut-être la vie d'un chien jusqu'à son euthanasie, voilà. Alors je vous avoue, je me suis sentie assez bête lorsque j'ai compris que le film traitait du vrai César, le César de Rome, le seul et l'unique quoi. Il est tourné une fois de plus sous la forme d'un docu-fiction qui débute sur une scène qui se trouve être également l'une des scènes finales du film : la représentation de la pièce "Jules César" qui s'achève sous les applaudissements. Nous découvrons ensuite l'histoire de cette pièce, qui est en fait jouée par des prisonniers. Ce spectacle, le casting qu'ils passent pour en faire partie, les répétitions... tout cela représente pour eux la liberté. Liberté qu'ils ne connaissent plus depuis de nombreuses années, et qu'une fois la représentation finale terminée, ils ne connaîtront plus avant d'autres nombreuses années... La réussite de ce film tient dans la sincérité de ces "acteurs d'un jour". Cette expérience de liberté et de bonheur nous rend quasiment autant heureux qu'eux. Leurs visages fermés lorsqu'ils doivent reprendre le chemin de leur cellule, leur immense joie lorsqu'ils la quittent, toutes ces émotions qui ne sont pas jouées nous bouleversent. Seulement, bien que très touchant, ce film ne semble pas abouti. Toutes ces scènes de répétition, souvent longues, très longues, ne nous permettent pas de saisir le caractère de ces prisonniers, qu'on finit par très bien connaître en tant qu'acteurs, c'est indéniable, mais que nous aimerions connaître en tant qu'hommes, tout simplement.

Ma note : 14/20




3) Passons à ma plus grosse déception, "Rengaine", film pour lequel je n'ai pas mâché mes mots à peine sortie de la salle. Ma critique sera donc rapide. Pourquoi ce film, pourquoi ? On passe 1h15 (très franchement, heureusement qu'il ne dure pas plus longtemps...) à se détruire les yeux et le crâne devant des plans tournés à l'arrache, ou plutôt des plans tournés bizarrement "pour faire comme si c'était un documentaire amateur alors que pas du tout" qui mettent en scène des musulmans, des noirs chrétiens, une blonde juive, une famille de 40 frères et une soeur arabes qui se détestent tous parce que vous comprenez, même au XXIe siècle les clichés ont la dent dure : le grand frère de la famille s'oppose au mariage de la petite soeur parce que son mec est noir, déjà ça c'est pas possible, et qu'en plus de ça il est chrétien, alors là c'est un véritable vice, on peut pas tolérer ça, alors que lui il est en couple avec une juive, mais bon il ne la présentera pas à sa famille, parce que ça aussi c'est intolérable. Les musulmans avec les musulmans, les chrétiens avec les chrétiens, les juifs avec les juifs et les vaches normandes seront bien gardées ? En bref, un ramassis de bêtise, de clichés tous plus grotesques les uns que les autres, et un mal de crâne assuré. Merci à Stéphane Soo Mongo qui sauve le film grâce à son talent, son humour et sa fraîcheur et qui mérite sa nomination aux César et surtout un rôle dans un vrai grand film.

Ma note : 8/20




4) Mon coup de coeur pour Laurent Cantet s'est confirmé dès les premières minutes de "Foxfire, confessions d'un gang de filles". Je m'étais pris une claque devant "Entre les murs" et même si à priori entre les deux films, on fait un grand écart, ça a également été le cas devant "Foxfire". Les images, les couleurs, les musiques m'ont tout de suite accrochée : on rentre vite dans l'univers de ces jeunes filles en pleine rébellion et dans une certaine quête d'identité. Ce gang de filles mené par son leader, Legs, est fort attachant. Oui oui, même Goldie, l'insupportable garçon manqué tête à claque. Il est facile de s'identifier à elles, puisque, comme dans son précédent film, Laurent Cantet place les personnages au premier plan, plus que l'histoire elle-même. Ces jeunes filles se réunissent dans le but de se venger contre les hommes. Leurs aventures prennent un autre tournant quand Legs est incarcérée. En prison, elle prend conscience de bon nombre de choses concernant son comportement, et elle a une folle idée en étant libérée : vivre en communauté avec ses copines de Foxfire. Elles se rendront bien vite compte qu'elles n'avaient pas réfléchi aux conséquences, car elles seront finalement rattrapées par une certaine force individualiste... Un film intelligent, bien tourné (adaptation d'un livre que je n'ai pas lu mais qui me tente désormais beaucoup) servi par d'excellentes actrices et surtout, un génie de réalisateur.

Ma note : 18/20



5) "La Parade", ou le film que je redoutais puisque j'en connaissais le sujet (l'homosexualité), et qui sentait le film cliché à plein nez. Je n'avais pas franchement envie de voir "Rengaine" en version gay. Mais bizarrement, au bout d'une dizaine de minutes, je me suis surprise à apprécier. Il faut dire que le choix de réalisation de la première partie du film est audacieux : on découvre chaque personnage, d'abord seuls, puis on découvre les liens qu'ils ont entre eux. Peu de personnages font une apparition plus tardive, ce qui permet de tout comprendre dès le départ, bien qu'en avançant dans l'histoire, certaines relations ont tendance à devenir ambiguës. Parmi les personnages, nous trouvons donc évidemment des homosexuels, dont le rêve est d'organiser une "parade" (d'où le titre du film), l'équivalent d'une Gay Pride, dans ce pays où ils subissent chaque jour, à cause de leur "différence", des violences réellement intolérables... A côté de ça, le film nous présente un homme qui, comme bon nombre de serbes au début des années 2000, assume complètement son homophobie, et sa compagne, une blonde un peu idiote qui lui demandera pourtant d'aider ce groupe d'homosexuels à mener à bien leur projet. Le milieu du film, qui constitue la recherche de gros bras, à travers tout le pays, pour assurer la sécurité de la parade, m'a paru long et ne m'a tout simplement pas plu. Je crois même que j'ai dormi un peu à ce moment-là. Mais une fois cette partie terminée, je suis complètement revenue dans l'histoire, et une fois de plus, je ne me suis pas reconnue : je pleurais, oui oui vraiment, des petites larmes, mais j'étais vraiment bouleversée par ce combat qu'ils parviennent finalement à mener à bien, au risque d'y laisser leur vie... On a tendance à croire que tout est présenté de façon si grotesque que c'est bien trop pour être réaliste. Et pourtant non, il y a une dizaine d'années, le quotidien des homosexuels serbes ressemblait vraiment à ça. Un film bouleversant donc, que je conseille à tous.

Ma note : 17/20



6) Si j'avais écrit la critique du magnifique "Elefante Blanco" juste après être sortie de la salle, elle aurait sans aucun doute ressemblé à ça : "tout dans ce film frôle la perfection. Des paysages à la musique en passant par les cadrages et les teintes choisies. Des acteurs bouleversants. Une histoire loin de la fabulation, où rien n'est caché, et qui nous prend aux tripes. Un magnifique hommage". Mais voilà, deux jours après, j'ai pris un peu de recul, et je trouve quand même à ce film quelques petites imperfections. Tout d'abord, j'ai mis beaucoup de temps à rentrer dans l'histoire. Le prologue est très particulier, et demande une certaine attention si l'on veut pouvoir comprendre. On découvre une succession de paysages argentins, tous plus beaux les uns que les autres, mais qui nous laissent plus croire à un documentaire de National Geographic qu'à un film sur les bidonvilles. Deux solutions donc : on s'endort dès le départ, ou on s'accroche, et on se prend une claque tant les paysages dépeints au début contrastent avec la violence des affrontements du bidonville dans lequel se déroule l'action. Pour tout vous dire, pendant quelques minutes, ma fatigue l'a emporté, et je pense qu'on peut associer ça à des moments trop longs et trop peu compréhensibles. "Elefante blanco" donc, ce n'est pas le nom d'une nouvelle race d'animal, plutôt le nom donné à ce projet d'hôpital, qui devait devenir le plus grand de toute l'Argentine et qui après l'arrêt du chantier, est devenu le "bidonville de la Vierge", dans lequel sont engagés deux prêtres, Julian et Nicolas, et une assistante sociale, Luciana. Plusieurs choses m'ont bouleversée : tout d'abord, la façon dont est perçue la foi, et la vie de ces hommes qui ont choisi de suivre Dieu, qui nous est livrée ici par deux acteurs époustouflants, Jérémie Rénier et Ricardo Darin, qui, malgré les difficultés et les épreuves qui vont s'imposer à eux, poursuivent leur mission auprès des plus démunis. Puis, l'honnêteté de ce film. Rien ne nous est caché, tout est dit. On a parfois tendance à se dire que le trio engagé dans ce bidonville est inébranlable, qu'ils parviennent toujours à s'extraire des situations les plus compliquées, et que jamais la police ne viendra leur poser problème, contrairement aux miséreux dont ils ont la charge. On se dit ça, jusqu'à cette scène, d'une violence et d'une vraisemblance rares. On ne nous ment pas. L'affreuse réalité des bidonvilles est décrite ici, sans fioritures. Une véritable claque en matière de cinéma engagé. Un quasi-chef-d'oeuvre qui n'a malheureusement pas bénéficié d'une assez vaste campagne de publicité. A voir absolument.

Ma note : 18/20 





7) Pour conclure cette expérience, nous avons fait un grand écart. Nous avons quitté l'Argentine, l'Egypte, la Serbie pour revenir aux sources. La France et ses vastes champs, à perte de vue. Manuel von Stürler nous propose de faire la connaissance de Pascal et Carole, de leurs quatre chiens, de leurs trois ânes et de leurs huit-cent moutons. Nous partons avec eux pour leur transhumance hivernale. Un voyage vers l'inconnu, intriguant et déroutant. Dès la scène d'ouverture, on se pose mille et une questions. On cherche à comprendre la démarche du réalisateur. Puis les minutes s'écoulent, et l'on se retrouve sans peine embarqués dans ce documentaire original et osé. Les forts caractères de Pascal et Carole nous étonnent, nous font sourire, voire rire. Des personnages attachants qui entretiennent avec leurs bêtes une relation très particulière, qui, si on l'avait découverte dans un reportage de 30 millions d'amis, nous aurait sans doute profondément ennuyés, mais qui, dans ce cas-là, nous donnent envie d'en voir encore plus, toujours plus. Les retrouvailles des bergers avec leurs amis paysans nous amusent et nous touchent. Ils ne sont jamais seuls. Partout où ils iront, ils trouveront du réconfort. La beauté des paysages hivernaux renforce le charme de ce documentaire, et nous émerveille. Seulement, le moment fatidique arrive. Les huit-cent moutons ne sont plus huit-cent. Les plus gras sont envoyés à l'abattoir. L'éternel recommencement. Incroyable réussite que ce documentaire qui parvient à nous émouvoir, malgré un sujet si particulier. Nous commençons ce film en nous posant des questions auxquelles le film répond, bien au-delà de nos espérances. On sort de cette salle en se questionnant encore. Et si la vraie vie, c'était ça ?

Ma note : 16/20 






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