
Jeudi avait lieu le premier prime de la promo Nouvelle Star 2014. Seize candidats, six garçons et dix filles, se produisaient pour la première fois en direct de l'Arche Saint-Germain. La règle était en apparence plutôt simple : les seize chanteurs avaient été répartis en quatre groupes de quatre (jusque là tout va bien) qui se produisaient devant le jury et ne découvraient leurs couleurs (du bleu ou du rouge, rien ne change de ce côté-là) qu'à la fin des quatre prestations. Le candidat ayant obtenu le plus de rouges était éliminé sur le champ. Comme ça, paf, d'un coup. En cas d'égalité parfaite entre plusieurs candidats, le jury disposait de trente secondes pour choisir celui qui ne poursuivrait pas l'aventure. En fin d'émission, c'était au public de voter et de décider de renvoyer chez elle une personne parmi les douze rescapées. Nous étions prévenus, la règle était fixée. Mais j'ai quand même envie de râler. Parce que, fidèle téléspectatrice de Nouvelle Star que je suis, j'ai assisté au premier prime le plus WTF de tous les temps. J'ai donc pris mon courage à deux mains et décrypté pour vous ce premier direct. Attention, il s'agit là d'un avis strictement personnel et en aucun cas mon point de vue n'est meilleur qu'un autre.
Comme d'autres, j'aurais très bien pu me contenter d'analyser les prestations de chaque candidat et pointer du doigt le moindre défaut. Mais je ne le ferai pas, pour la simple et bonne raison que ces derniers sont loin d'être les coupables de ce carnage. Je rejetterais plutôt la faute sur la production. Choisir de sélectionner seize candidats pour les directs, c'est chouette. Parler de "promotion la plus intéressante des dix saisons de la Nouvelle Star", ça l'est encore plus. C'est bien, ça tient en haleine le téléspectateur. Mais alors POURQUOI décider d'en éliminer cinq dès le premier prime ? En regardant l'émission jeudi soir, j'ai eu l'impression de me retrouver devant les battles de The Voice. Même schéma, même étrange sentiment de violence. Répartition des groupes inégale, choix de chansons défavorisant clairement certains candidats ou à l'inverse, des participants mis en avant de façon évidente, voilà à quoi pourrait se résumer ce premier direct.
Si l'on s'en tient à la règle sans chercher à se préoccuper du reste, le verdict est juste. Les jurés ont fait le boulot qui leur était demandé, le public a éliminé une candidate qui avait obtenu du rouge : à priori, ce sont bien les onze meilleurs candidats qui ont été sauvés.
Mais à y regarder de plus près, il est évident que quelque chose ne tournait pas rond sur le plateau jeudi soir. C'est Yseult qui a ouvert le bal avec une version explosive de Papaoutai. Sur la toile, son passage a fait grand bruit : on adore, on déteste, mais impossible de rester indifférent.
Après une telle entrée en matière, difficile pour les autres candidats du premier groupe de s'imposer. Mehdi et Pauline se sont laissés dominer par l'orchestre. Marc, lui, était donné perdant avant même le début de sa prestation. Le titre qui lui était imposé, J'en rêve encore, ne laissait rien présager de bon. Impossible de rivaliser face à Paint in black ou Need you tonight.
C'est sans surprise que le jeune homme de 21 ans, dont c'était ce soir-là "la première scène", a quitté l'aventure sur trois rouges du jury et une cinglante remarque de Sinclair quant à son "manque de charisme".
Le deuxième groupe, composé de Claudia, Alvaro, Léopoldine et Laura n'a semble-t-il pas convaincu le jury. Seule Claudia, qui fêtait ses 17 ans en interprétant I Know de Irma, est repartie auréolée de quatre bleus. Tout l'inverse pour Laura dont la version d'Epaule Tatoo de Daho a laissé le jury de marbre.
A l'instar de Marc, tous les éléments semblaient être contre la jeune fille ce soir-là. Mais elle n'a pas été la seule à recevoir des critiques négatives de la part du jury.
"Trop lisse",
"envahi par la peur", telles sont les remarques qu'a reçu Alvaro au sujet de sa prestation sur Perfect day de Lou Reed. Verdict : deux rouges et deux bleus pour celui qu'on surnomme désormais "Frère Alvaro".
Mais quand je vous parle de WTF, le vrai de vrai, c'est le cas Léopoldine. Cette dernière avait pour mission de réinventer totalement Dieu m'a donné la foi d'Ophélie Winter et malgré un début prometteur, elle a, à mon sens, foncé droit dans le mur en enchaînant fausses notes et mimiques on ne peut plus pénibles à regarder. Sinclair grimaçait, Manoukian semblait en redemander.
Le jury l'a pourtant qualifiée en ne lui attribuant qu'un seul rouge et c'est donc Laura qui s'est vue éliminée. "Partir sur quatre rouges, c'est violent, je ne pensais pas avoir été si nulle", n'a-t-elle eu de cesse de répéter par la suite.
C'est Mathieu qui a ouvert la marche du troisième groupe dont les trois autres membres étaient Julie, Ezra et Sirine. Avec son interprétation de Revolution des Beatles, le farfadet, comme l'avait surnommé Manoukian lors de son audition parisienne, a livré
"une des plus jolies prestations de la soirée" selon le jury. Je partage l'avis des jurés : Mathieu est de ces chanteurs qui font du bien.
Une juste dose d'humour, un éternel sourire et de grands yeux bleus qui brillent, le tout accompagné d'une voix incroyablement maîtrisée. Le genre de personne qui donne l'impression que chanter si joliment, c'est super facile et qu'il suffit d'ouvrir la bouche pour y parvenir.
Alors évidemment, passer après une telle performance s'est avéré quelque peu délicat pour les autres. Julie interprétait Love Song de Vanessa Paradis, et non seulement la chanson ne lui collait absolument pas à la peau mais en plus de cela, la demoiselle s'est vue attribuer une chorégraphie à la limite du ridicule qui lui a valu un maladroit
"s'amuser à jouer le sex-appeal, s'amuser à jouer la musique sexy, c'est très risqué" de la part de Sinclair.
Mais le candidat que j'attendais le plus jeudi soir, c'était Ezra, le "garçon de la montagne" qui chantait Wake me up d'Aloe Blacc. Une
"prestation ratée". Voilà ce qu'on a pu lire sur Twitter après son passage. Alors certes, il a semble-t-il raté son entrée et a chanté le premier couplet en décalé avec l'orchestre. De plus, comme l'a mentionné Olivier Bas, son regard semblait perdu pendant la moitié de la prestation. Mais après avoir réécouté son passage plusieurs fois en tentant de déceler d'énormes faux pas qui auraient pu me faire dire la même chose que les autres, je ne comprends toujours pas.
A partir du moment où Ezra s'est lâché, j'ai trouvé cette prestation tout à fait honnête et convaincante et non, ce n'était pas si catastrophique que ça. Enfin, c'est Sirine qui a fermé ce troisième groupe sur une interprétation de Comme un boomerang de Gainsbourg. Une prestation qui a ravi le jury et le public. Et bien qu'elle ne m'ait pas transportée, il m'est impossible de nier que la jeune fille de 19 ans a une voix incroyable.
Sans grande surprise, c'est donc Ezra qui a quitté l'aventure sur un verdict mitigé : deux rouges et deux bleus qui, contrairement à ceux d'Alvaro, ne lui auront pas permis de revenir la semaine suivante.
Le dernier groupe, composé d'Hugo, Kim, Chehinaze et Dana, m'a laissée plutôt indifférente quant au niveau de leurs prestations.
Mais là où je me suis beaucoup interrogée, c'est en ce qui concerne les choix des chansons. La sécurité a été offerte à Kim : son interprétation de Sympathique de Pink Martini était jolie. D'une banalité sans nom, mais jolie. Dana, elle, a confirmé son statut de petite protégée de la production. Encensée par Maurane pour son interprétation de People help the people qui se devait être
"très différente de celle de Birdy" et qui était en réalité la même en tous points, la jeune femme a livré une jolie performance vocale.
Mais impossible de ne pas constater qu'elle a été la seule à bénéficier d'un titre qui la servait aussi bien. Une balade à voix, ce que préfère la ménagère. La production a bien réussi son coup. Hugo, lui, a joué au show-man sur Treasure de Bruno Mars. Une jolie réussite qui ne m'a pourtant pas captivée. Quant à Chehinaze, son titre imposé était On ira, de Zaz. Oh quelle surprise ! Pourquoi chercher à jouer sur les similitudes qu'ont les voix de la chanteuse et de la candidate alors que cette dernière aurait pu se servir de ce prime pour se détacher de cette étiquette de "Zaz avec l'accent" ?
Malgré une pluie de bleus pour les quatre concurrents, c'est elle qui a quitté l'aventure après concertation du jury. En fin d'émission, c'est le public qui a tranché et qui a décidé d'éliminer Julie.
Je me suis sentie mal devant ce prime car j'y ai retrouvé tout ce que je ne supporte pas dans les télé-crochets actuels.
Ce concept du "candidat kleenex", celui à qui on lance des fleurs des semaines durant et qu'on jette dès que l'occasion se présente m'attriste profondément. Ce que j'appréciais dans la Nouvelle Star, c'était cette façon que l'on avait de juger les candidats sur un parcours entier et non sur l'instant. Nombre de candidats ont livré des prestations peu convaincantes et ont pourtant pu accéder aux plus hautes marches de l'émission car plutôt que de se concentrer sur UNE erreur qu'il avait pu commettre, on regardait son parcours sur la longueur.
Et surtout, la Nouvelle Star est réputée pour mettre en avant l'univers d'un artiste plutôt que sa performance vocale. Avant le début du théâtre, Sinclair disait que le jury avait casté "beaucoup de gens qui savaient déjà dans quoi ils étaient bons".
Alors à quoi bon attribuer à ces jeunes artistes qui connaissent déjà leur univers des titres avec lesquels on sait qu'ils ne seront pas à la hauteur ? De plus, la rapidité des éliminations a fortement déconcerté les candidats, cela s'est nettement ressenti.
Je me demande encore pourquoi avoir choisi d'envoyer seize personnes sur les directs si c'est pour en éliminer autant si promptement.
Vous l'aurez compris, s'il y a bien une élimination qui m'a réellement attristée, c'est celle d'Ezra, car je sais pertinemment qu'il était loin d'avoir démontré tout son potentiel et que nous aurions pu découvrir de très jolies choses de sa part les semaines suivantes. Mais retenez bien son nom car le petit n'a pas fini de faire parler de lui.
Je suis terriblement déçue par ce premier prime et c'est sans doute avec une pointe d'amertume que je regarderai le prochain... Mais après tout, mon avis n'est peut-être pas partagé. Qu'avez-vous pensé de ce premier direct ? Quelles éliminations vous ont déçu ? Quelles prestations retiendrez-vous ?
Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un billet sur le deuxième prime. D'ici là, je continuerai de vous poster mes comptes-rendus du Festival de Sarlat.
A bientôt !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire