Si par chance vous n'avez
pas : vécu dans une grotte en hibernation / décidé de visiter
notre système solaire pour votre lune de miel / été vous abriter à
Bugarrach dans le but d'éviter la fin du monde qui a été
teeeeeellement éprouvante (rayer la mention inutile) et tout cela
depuis environ un an, vous n'avez pas pu échapper au télé-crochet
qui fait le plus parler de lui : The Voice. Pour les quelques
malheureux qui ne connaîtraient pas, cette émission consiste à
dénicher des talents (rien de nouveau sous le soleil, on est
d'accord, étant donné qu'on en bouffe à la pelle depuis 13 ans
avec la Star Ac, Popstars ou encore la Nouvelle Star – qui est à
mes yeux le meilleur des meilleurs) mais l'énorme différence se
trouve dans le titre de la première phase de sélection : les
« auditions à l'aveugle ». Quatre jurés se trouvent dos
tourné à la scène sur laquelle se produisent les candidats (ou
plutôt les « talents », vous n'entendrez jamais le mot
« candidat » dans l'émission) et appuient sur un buzzer
qui fait se retourner leur siège dès lors qu'ils ont un coup de
cœur pour ce « talent » et le veulent donc dans leur
équipe. Pas de sélection basée sur le physique donc, uniquement
l'artistique, ce qui est, disons-le, un concept plutôt innovant et intéressant...
Une campagne de publicité
gigantesque et démesurée (à l'image de TF1...) avait été mise en
place l'an dernier, pour la première saison de l'émission. Des
panneaux publicitaires géants recouverts d'affiches annonçant la
date de la première, des spots télévisés qui passaient en boucle,
et on en bouffait même à la radio... Curieuse comme je suis, il
m'était impossible de résister. Et puis retrouver Nikos Aliagas à
la présentation d'un télé-crochet me faisait rêver, je l'avoue.
25 février 2012, je m'installe donc devant mon PC (oui,
souvenez-vous que je n'ai pas la télé...) et me voilà partie à la
découverte de « l'émission que tout le monde attend ».
Le concept me plaît énormément, et quel bonheur d'entendre une
émission où TOUT LE MONDE chante bien, même les recalés ! Je
me sens chez moi, au pays des Bisounours : les jurés ne font
que des compliments, même lorsqu'ils ne se sont pas retournés, tout
le monde il est beau, tout le monde il est gentil... Tout est
parfaitement maîtrisé, le spectacle est incroyablement ficelé,
aucun faux pas. Les talents s'enchaînent et certains se démarquent plus que d'autres : souvenez-vous par exemple d'Al.Hy et de son interprétation
magistrale de « What's up ? » qui semblera mettre
tout le monde d'accord : on la tient, « The Voice » !
Preuve qu'il ne faut pas se fier aux « on dit », Al.Hy
finira à la troisième place !
Petite parenthèse
personnelle : même s'il n'a pas été mon coup de cœur des
auditions à l'aveugle (j'avais même trouvé son interprétation de
« Video Games » totalement inintéressante – ce qui a
bien changé aujourd'hui) je suis devenue réellement « fan »
(quel mot affreux) d'un certain Louis Delort, que vous connaissez
certainement même si vous n'avez pas suivi l'émission, puisque
c'est le talent de cette saison 1 qui fait le plus parler de lui
aujourd'hui : après avoir terminé à la deuxième place,
devant Al.Hy et derrière Stéphan Rizon, comme il le souhaitait
dit-il souvent, il a intégré la troupe de la comédie musicale du
duo Dove Attia/Albert Cohen, « 1789, les Amants de la
Bastille » dans laquelle il a écopé du premier rôle, Ronan,
le fameux « Amant de la Bastille ». Il se produit
régulièrement sur des plateaux télévisés, dans le cadre de la
promo du spectacle, ou simplement invité par certains artistes avec
qui il partage de jolis moments musicaux, comme ce duo avec Jenifer
sur « Time after time » sur le plateau de Champs-Élysées
ou encore ce trio avec Patricia Kaas et Nolwenn Leroy en hommage à
Piaf... Il prépare son premier album avec son groupe, The Sheperds,
dont le premier EP sorti avant The Voice est disponible ici. Je ne peux que vous conseiller de le
suivre si ce n'est pas déjà le cas, puisque vous risquez d'entendre
très souvent parler de lui dans les mois à venir...
Cette
année, puisque le concept est désormais bien connu et que l'effet
de surprise n'existe plus, la production a mis les bouchées doubles
dans le but de renouveler l'exploit réalisé l'année passée et une
fois de plus battre des records d'audience : chaque équipe
comptera quatre membres de plus (16 contre 12 l'an dernier) et
certaines règles ont été modifiées. La phase qui suit les
auditions à l'aveugle, les « battles », consiste à
créer dans chaque équipe des « duels » dont le perdant
est éliminé sur le champ, le gagnant étant envoyé sur les lives.
MAIS, cette année, si les coachs estiment que le talent éliminé
mérite de continuer l'aventure, ils peuvent effectuer un « vol
de talent », chaque coach pouvant utiliser ce joker deux fois
au maximum. En bref, tout est fait pour faire durer l'émission le
plus longtemps possible. 64 talents s'affronteront lors des battles :
comment se souvenir de tout le monde ? Tous sont extrêmement
talentueux, certes, mais peu d'entre eux ont déjà réussi à tirer
leur épingle du jeu dès la phase de sélection. D'après Twitter,
seuls trois ont réellement fait l'unanimité : Olympe, Anthony Touma et Emmanuel Djob, qui tous les trois ont su convaincre les
quatre coachs au bout de quelques secondes... Ils ont fait le buzz
sur Internet pendant leur passage et continuent encore à faire
parler d'eux chaque samedi soir.
D'autres
talents ont fait parler d'eux pour avoir été sélectionnés alors
qu'ils ne le « méritaient pas », prenons le cas de Lord Bitum
ou Josephina, et d'autres encore parce qu'ils n'ont pas été pris
alors qu'ils le méritaient amplement : regardez les prestations
de Roméo ou Tristan entre autres... Cette année, « The
Voice » semble s'être transformé en pôle emploi des
chanteurs de comédies musicales ou des recalés d'autres
télé-crochets : Loïs (La France a un Incroyable Talent),
Victoria (Le Roi Soleil), Florent Torres (Dracula), Jo Soul (Nouvelle
Star 1)... On ne compte plus les têtes connues qui se présentent aux
sélections, ni même les fils ou filles de... Pour une autre raison
encore, une candidate a animé Twitter lors de son passage et suscité
une certaine polémique. Si vous avez suivi la saison 1, vous vous
souvenez certainement de Ludivine, talent de l'équipe Garou,
éliminée lors des battles. Cette année, la production l'a rappelée
pour lui redonner sa chance. La toile hurle au scandale : si
elle y a droit, pourquoi pas les autres ?
Vous
l'aurez compris, la machine est bien huilée, et la production de The
Voice a une fois de plus gagné la partie : avec en moyenne 8 à
9 millions de téléspectateurs chaque samedi soir, elle est la
reine incontestable et incontestée des télé-crochets musicaux. Mais tout cela n'est-il pas totalement démesuré ? Avant même le lancement de l'émission, les dates de la tournée avaient déjà été programmées, dont une à Bercy... Bercy, ou le lieu de la consécration pour bon nombre d'artistes, et on va laisser ces jeunes talents s'y produire sans avoir réellement fait leurs preuves dans le métier ? TF1 a la folie des grandeurs, et à mon grand désespoir, cette émission que j'aimais tant l'an dernier se transforme peu à peu en un gigantesque spectacle purement commercial...
Qu'adviendra-t-il de la trentaine de talents éliminés
aux battles ? Ils seront trop nombreux pour que l'on se
souvienne d'eux... Alors, l'émission phare de TF1 continuera-t-elle
de s'élever jusqu'à atteindre des sommets encore plus hauts,
toujours plus hauts ? Suite de la réponse dans quelques
semaines, une fois les battles terminées...
Pour
conclure sur une note positive, je vous conseille malgré tout de
suivre cette émission car, de nos jours, trouver une émission
dans laquelle se produisent des talents de tous les univers et de
toutes les générations est quelque chose d'extrêmement rare, et il
n'y a certainement que The Voice qui puisse satisfaire tout le monde
sur ce point-là...





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