Jeudi dernier, le 21 mars, j'ai assisté à l'avant-première du film Les Gamins, réalisé par Anthony Marciano, qui signe ici son premier long-métrage. Mais derrière ce scénario, Marciano n'est pas seul. Il planche sur ce film depuis trois ans, avec la complicité de Max Boublil. Ces deux amis de longue date n'en sont pas à leur premier projet d'écriture à deux, puisqu'ils ont également co-écrit le one-man-show de Max.
Le synopsis est le suivant : Tout juste fiancé, Thomas (Max Boublil), chanteur de mariages un peu loser qui rêve de faire carrière, rencontre son futur beau-père Gilbert (Alain Chabat), marié depuis trente ans à Suzanne (Sandrine Kiberlain). Gilbert, après avoir été obligé de vendre sa boîte, passe ses journées affalé sur son canapé, traversant une phase de déprime, lassé par les projets de son épouse qui selon lui, ne cherche qu'à se donner bonne conscience. Persuadé d'avoir gâché sa vie à cause de son couple, il dissuade Thomas d'épouser sa fille Lola (Mélanie Bernier), et le pousse à tout plaquer à ses côtés. Très vite, ils se lient d'amitié et se lancent alors dans une nouvelle vie de gamins pleine de péripéties, pensant que la liberté est ailleurs.
En voyant la bande-annonce, je m'attendais à un enchaînement de gags tous plus énormes que les autres qui aurait donné un film sans prise de tête et très efficace. Bref, une comédie tout ce qu'il y a de plus classique, rassemblant tous les ingrédients d'un film à succès, familial, drôle, mais pas extraordinaire. Et c'est bien ce que j'ai ressenti pendant la première moitié du film. Lorsque l'on a vu plusieurs fois la bande-annonce, rien ne nous surprend, sauf une scène, celle de la demande en mariage, qui vient rompre le rythme pris par le spectateur (ce rythme dont je vous parle, c'est un rire par minute, rien que ça) et qui fait monter l'intensité du film dans lequel on peut avoir du mal à rentrer au départ. Cette intensité va grimper crescendo, jusqu'à atteindre son apothéose lors d'une scène complètement improbable (attention je spoile un petit peu... dans cette scène Max se fait éjaculer dessus et le public rit gras, ne faisant plus attention aux dialogues tant il gesticule sur son siège, pris d'un fou-rire incontrôlable).
A quel prix retrouve-t-on ses rêves d'ados ? Doit-on renoncer à ses rêves pour la personne qu'on aime ?
La réponse à ces questions est bien plus complexe qu'elle n'y paraît. Le film tente d'y répondre, cachant derrière toute son apparence loufoque des scènes sérieuses qui permettent au public une certaine réflexion.
Si je qualifie cette comédie de "bonne surprise", c'est parce que malgré quelques gags que l'on peut anticiper (prenons l'exemple de cette réplique entendue dans la bande-annonce : "elle mange tout avec des baguettes, mais c'est deux putains de bouts de bois, on n'est pas en Chine, merde !", efficace, mais facile et prévisible), malgré quelques vannes qui manquent de classe, le premier long-métrage d'Anthony Marciano nous embarque, nous touche, ce grâce au talent d'écritures des deux compères, et bien évidemment, grâce à ce fabuleux casting et ce duo Boublil-Chabat qui fonctionne à merveille. Le film révèle deux jeunes acteurs, Max bien sûr, qui prouve ici qu'il est capable de se détacher complètement de son étiquette d'humoriste pour ados pour nous livrer un jeu digne des plus grands (ma mère qui ne le connaissait pas lui a dit qu'il était du même acabit que Gad Elmaleh, l'humoriste bien sûr, mais également l'acteur, c'est pour dire), et Mélanie Bernier, habituée aux petits rôles, qui offre ici une prestation pleine de fraîcheur nous donnant envie de la voir encore et encore. Quant aux vieux d'la vieille, Chabat et Kiberlain, ils sont une fois de plus fidèles à eux-même, drôles, sincères et touchants. Sandrine Kiberlain prouve que non, elle n'est pas une actrice triste et fade, qu'elle sait parfaitement endosser le rôle d'un personnage de comédie, et qu'elle est drôle, vraiment drôle.
Et bien évidemment, comment ne pas aimer ce film dans lequel Iggy Pop fait une apparition ? Coeur sur toi Iggy.
Coeur sur Anthony, pour son talent, son travail acharné, son humour. Je crois en lui pour l'avenir, on n'a pas fini d'entendre son nom ! Coeur sur Max pour sa simplicité et son talent inné. Une véritable gueule d'acteur, ça ne trompe personne. Coeur sur Alain Chabat, l'idole de tous, pour ce rôle qui lui va à la perfection. Coeur sur Sandrine Kiberlain, que j'ose désigner femme la plus gentille et la plus naturelle du monde. Un véritable coup de coeur autant artistique qu'humain. Et enfin, coeur sur Mélanie, ce petit bout de femme dont on risque d'entendre beaucoup parler cette année. Elle est lancée, on ne l'arrête plus. Ce film m'a rendu mon âme de Bisounours, je n'ai pas réussi à lutter...
Le 17 avril, foncez voir ce film que beaucoup qualifient déjà de comédie française de l'année... L'avenir nous le dira !



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