Ah, Sarlat. Deux ans que j'attends impatiemment d'enfin me rendre à ton fameux Festival du film. Voilà, c'est chose faite.
Sarlat tu ne m'auras pas déçue. Tu auras été à la hauteur de toutes - ou presque - mes espérances. Pendant quatre jours j'ai arpenté tes rues, développé une certaine routine, traversé la cour de l'espace culturel pour me rendre au Rex puis faire une halte dans un de tes cafés avant de retourner à l'espace culturel. Tu es belle, Sarlat, je ne te connais pas encore assez bien et je reviendrai dans un autre cadre, je te le promets.
Mais pardonne-moi, je vais mettre tes belles pierres de côté afin de tenter de raconter mes quatre jours d'aventure au Festival du film. Allons-y.
Après une courte nuit, j'ai pris le TER Aquitaine à destination de Sarlat. J'ai dormi, dormi, tenté d'imaginer ce que j'allais vivre pendant une semaine, puis j'ai encore dormi.
Aux alentours de midi, ma classe d'option cinéma-audiovisuel et moi sommes arrivés à l'endroit qui allait devenir notre QG pendant quatre jours : l'espace culturel. Nous avons repris des forces à la cantine (au passage, je veux la même bouffe au lycée. Cordialement) puis nous nous sommes dirigés vers le Rex pour la première séance de la journée.
Parmi
la longue liste qui nous est proposée, notre choix s'arrête sur Don
Jon, L'auberge espagnole, Angélique et Les
Poupées russes. Bien qu'ayant commencé à faire la queue plus d'une demie-heure avant l'ouverture du cinéma, nous nous voyons refuser l'accès à la
salle dans laquelle est projetée
Don Jon : dans ce
cinéma doté de trois salles, on n'en trouve qu'une seule qui soit
assez grande pour accueillir un public nombreux. Les deux autres sont
très (trop?) vite complètes.
On nous conseille vivement The
Lunchbox, mais c'est par pur esprit de contradiction que l'on se
décide à aller voir Les drôles de poissons-chats. L'histoire
de Claudia, 22 ans, qui vit seule dans une grande ville du Mexique et
qui une nuit, atterrit aux urgences pour une crise d'appendicite.
C'est là qu'elle rencontre Martha, sa voisine de chambre, atteinte du sida.
Cette
dernière a 46 ans, 4 enfants et une inépuisable joie de vivre
malgré sa maladie. Touchée par cette jeune femme solitaire, Martha
invite Claudia à habiter chez elle à sa sortie de l'hôpital. Nous avons tous plus ou moins mis un certain temps avant de rentrer dans l'histoire et avons pu noter quelques longueurs, notamment lors des passages illustrant la solitude de Claudia, qui ont pu finir par nous lasser. En sortant de la salle, j'avais la sensation que certains partis pris, tels que la relation homosexuelle entre les deux collègues de Claudia et la relation parfois ambiguë qu'entretient cette dernière avec le petit Armando, n'avaient pas été assez exploités et assumés. Mais avec le recul, je réalise qu'il n'y a rien à assumer : il ne s'agit pas d'actes exceptionnels et en aucun cas d'un film militant. Pas de raison donc de chercher à lire entre les lignes. Il s'agit de prendre cela comme on nous l'offre.
Ce drame mexicain de Claudia Sainte-Luce est donc un splendide hymne à la
vie, triste mais empli d'espoir. Paradoxalement, c'est à mesure que
la maladie de Martha prend de l'ampleur que le bonheur, tout comme
Claudia, s'installe progressivement dans cette famille. Nous nous
demandons si Claudia parviendra à se sentir réellement à sa place,
jusqu'à ce qu'on ne fasse plus la distinction entre elle et les
quatre frères et sœurs : elle est devenue une des leurs.
Un film poignant qui pousse à la réflexion et dont la fin nous arrache quelques larmes... de joie, tant la morale est belle et réaliste.
Ma note : 7/10
Nous
avons ensuite été voir L'auberge espagnole : quel bonheur de
voir pour la première fois un de mes films cultes sur grand écran.
15 ans après sa sortie, ce film est encore applaudi. A-t-on
réellement besoin de rajouter quoi que ce soit ?
Après une
pause pour dîner, nous retournons au cinéma pour attendre l'arrivée
de Tomer Sisley, qui vient présenter Angélique, le dernier
film d'Ariel Zeitoun. Puis, nous finissons par comprendre le système
du festival, et donc que nous ne pourrons pas voir
Angélique à 19h30, mais qu'une séance nous sera réservée
à 21h45, en présence de l'équipe du film.
Nous nous rabattons donc
sur la projection d'Eka et Natia : chronique d'une jeunesse
géorgienne. Ce film raconte le quotidien
d'Eka et Natia, deux amies inséparables âgées de 14 ans et vivant
à Tbilissi, en Géorgie, au lendemain de l'effondrement de l'Union
Soviétique. Nous les suivons dans la rue, à l'école, avec les amis
ou la famille. Confrontées à la domination des hommes, elles
luttent pour leur liberté avec la force et l'énergie de la
jeunesse. Natia, l'insoumise, est courtisée par Kote mais refuse de l'épouser. Le mariage a finalement lieu, sous la menace mais également dans l'idée de fuir son père et son extrême violence. Bien que la caméra soit tournée la plupart du temps vers Natia, nous suivons l'évolution d'Eka au travers du personnage de son amie, et nous découvrons lors de la scène finale que l'insoumise n'est finalement pas celle que l'on croit... Ce film de Nana Ekvtimishvili est cru, la violence n'y est pas déguisée, et c'est en ce sens que je vous le conseillerais. Cependant, je n'ai pas été touchée, il me manquait quelque chose, comme si j'avais attendu pendant près de deux heures que le film décolle. Un drame qui ne demande qu'à être abouti, dommage.
Ma note : 5/10
Vient enfin le tour du film d'ouverture du festival, le tant attendu
Angélique d'Ariel Zeitoun.
Le remake "diablement sexy" comme l'ont qualifié nombre de journalistes, du célèbre Angélique, marquise des Anges de Bernard Borderie, lui-même adapté du roman Angélique d'Anne et Serge Golon, ne présente malheureusement que peu d'intérêt. Premièrement, la grande question réside dans le casting. Non pas que les acteurs soient mauvais, bien au contraire, Zeitoun a choisi ici l'excellence
. Gérard Lanvin campe le rôle de Joffrey de Pérac tandis que la prometteuse Nora Arnezeder incarne Angélique, devenant ainsi les successeurs du couple mythique Michèle Mercier/Robert Hossein. A leurs côtés, Tomer Sisley devient le nouveau marquis de Plessis-Bellière. Les uns à côté des autres, ils sont formidables, mais aucun ne semble réellement trouver sa place dans ce film.
La différence d'âge bien trop prononcée entre Angélique et le Comte de Pérac est un des problèmes majeurs de cette super-production qui n'a de flamboyant que son coût. Quelle idée d'avoir confié à Ariel Zeitoun, dont le nom est associé à un cinéma d'une piètre qualité, la réalisation de ce qui est le mythe de toute une génération ?
Ce qui se voulait être un remake « beaucoup plus rock’n’roll, plus violente, plus politique et plus moderne » est en réalité un fiasco, qui, avant même sa sortie, met en colère bon nombre de fans inconditionnels de la saga de 1964.
Ma note : 2,5/10
Je suis juste tellement désolée pour ce qui est de la qualité des photos... Je n'ai pas utilisé mon réflex ce jour-là, je vous promets des choses un peu plus jolies les prochaines fois !
A bientôt !
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